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Alon Zanfan de la partie

Les vacances ont commencé. Avant, c’était plus simple, les gosses n’avaient qu’à s’ennuyer, impunément. Mais La Réunion étant devenue terreau du fourmillement artistique, il fallait s’attendre à ce que les congés deviennent des plages culturelles intenses.

Être enfant en répit scolaire sur une île intense n’est pas une sinécure. Outre la myriade d’activités rendues possibles par cette généreuse nature tropicale, il existe à La Réunion un problème de taille : en passionnés acharnés de culture, les artistes d’ici ne s’arrêtent jamais.

Tam Tam, Toto Total, Leu Tempo festival, Le salon du livre jeunesse de l’océan indien, sont autant de temps forts éducatifs qui transforment les marmailles de notre île en véritables esthètes.

Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que le Séchoir y va de sa biennale éclectique : Allon Zanfan c’est du régal prêt à l’emploi pour la dictature des culottes courtes : s’y épanouissent 5 créations, dont spectacles de rue et concerts, théâtre d’objet, cirque et ateliers créatifs, et 4 films d’animation à classer dans la projection d’art et essai jeune public.

Que les pauvres hères qui durent subir les beuglements hystériques de La Reine des neiges au prétexte de partager avec leur progéniture se rassurent : les spectacles, quoique prioritairement destinés au jeune public, sont loin d’être abrutissants.

Fraîchement revenue d’Avignon, la fable cynique et azimutée de Sergio Grondin, En attendant Dodo, torturera habilement les adultes méninges tandis qu’ Aujourd’hui plus qu’ hier, de la compagnie Théatrenfance, petit bijou du théâtre d’objet qui figure aussi au menu du Tam Tam festival, porte un regard tendre et burlesque sur la vieillesse.

Quant aux héroïques infortunés qui se voient refuser les portes des théâtres pour cause de poussettes, qu’ils se réjouissent : Não Não, création en argile crue, est visible dès deux ans pour une durée acceptable de 30 minutes, tout comme le concert prometteur Musiques juvéniles du Ksouristan, de la compagnie de la Ravine Rousse, qui accepte à bras ouverts dès trois ans les intrépides férus d’instruments inconnus.

Reste une mention spéciale à Pantone 219, spectacle tout public et pour cause : Quand il s’agit de déboulonner les clichés sexistes visant à offrir des poupées Pantone 219, soit la couleur rose Barbie dans le nuancier chromatique, à des petites filles, on comprend que Cécile Amato, en danseuse farfelue en guerre contre les idées reçues, s’attire tous les suffrages.

Les vacances ont commencé. L’univers du divertissement étend son territoire. Et tant qu’il est question de théâtre, il reste noble à conquérir.

Zerbinette.