Cinéma

Ave Cesar ! vs. Les Visiteurs : La Révolution

Deux farces historiques s’affrontent dans les salles obscures. À ma gauche, la petite histoire d’Hollywood et le burlesque des frères Coen ; de l’autre, la grande histoire de France farcie à l’humour gaulois.

La nouvelle soirée imaginée par le Palaxa et les Électropicales met en concurrence deux générations de la techno française. À ma gauche, Madben, nouveau protégé de Laurent Garnier, considéré par certains comme le dernier espoir de la techno. À ma droite, The Driver, aka Manu le Malin, gros tonton du hardcore à la grande époque des rave. Hajime !

AVE CESAR !
LES VISITEURS :
LA RÉVOLUTION
LE PITCH
Hollywood, années 50 : c’est la fête du slip !

Dans une jungle déglingo de stars lubriques, de réalisateurs mégalomanes et de producteurs cupides, Eddie Mannix doit, en une seule journée, sauver la réputation d’une starlette, soigner des égos grands comme des buildings et retrouver la vedette kidnappée d’un péplum à gros budget.

Pour l’aider dans sa mission, il ne dispose que d’une moustache et d’une bande d’artistes bras-cassés. On entend déjà la critique radoter le cliché de la « déclaration d’amour au cinéma ».

Au XXIe siècle, 80% des films sont devenus des suites. Pour éviter que ça se voit trop, on ne met plus les numéros, on rajoute simplement deux points et le nouveau concept qui différencie le dernier épisode des précédents.

Ainsi Les Visiteurs 4 est en fait Les Visiteurs : La Révolution. Toujours paumés dans les couloirs du temps, Godefroy et Jacquouille rempilent pour deux heures de gags franco-français à caractère anachronique sur l’hygiène buco-dentaire et les mœurs politiques, au moment de la Révolution cette fois.

D’où il ressort que l’histoire de France possède deux constantes : les coupes de cheveux affligeantes et le pet comme idéal comique. O-KAY !

LE GENRE
La folle journée de… Comédie franchouille
L’ÉQUATION
La Folle Journée de Ferris Bueller + Barton Fink Les Visiteurs + La Révolution (le sketch des inconnus)
A SAVOIR
Huit ans après Burn After Reading, les frères Coen renouent avec la farce chorale pour une plongée drôlement amoureuse dans les coulisses de cinéma d’antan. Un Hollywood idéal dont les frangins ignorent royalement la part d’ombre (McCarthy ? La chasse aux sorcières ? Connais pas…), tout en bonhomie et rempli d’olibrius attendrissants incarnés par une brochette d’acteurs triple luxe. Dans leur filmographie souvent marquée par une certaine noirceur, Avé César est à rapprocher, par exemple, d’O Brother. C’est le grand retour du réalisateur Jean-Marie Poiré, ex-king du box-office comique, après 14 ans d’absence. À en juger par les bandes-annonces, il n’a pas vraiment passé sa pré-retraite à se racler la soupière en quête de nouvelles idées.

Tout indique plutôt un vieux potage : Jacquouille rote entre deux « OKAY ! », on a droit au gag de l’interrupteur (« Nuit, jour, nuit, jour… ») et Godefroy joue son paladin tout en caries qui ne se décrispe que pour gueuler « Montjoie ! ».

VERDICT

Comme tout le monde, on avait adoré Les Visiteurs lors de sa sortie, et 23 ans après, il nous arrive toujours une fois par an d’en sortir une réplique après un repas de fête, un peu comme on laisse échapper un gaz de trop-plein. Mais en toute franchise, voir Reno et Clavier radoter leurs blagues cultes un demi-siècle plus tard après deux suites honteuses, ça nous met limite mal à l’aise. Le retour à la farce des frères Coen après quelques films moyens est tout de même un peu plus excitant.