Bibliothèque

Sous les lunettes de Zerbinette

Billie

Ah ! Anna Gavalda, je t’ai tant aimée... Et même si j’ai lu ton Billie avec toute la tendresse que je te conserve, toi qui jadis me bouleversas avec Ensemble c’est tout, ton petit âne et sa couverture kitchissime ne m’ont pas chavirée.

D’abord parce que ton héroïne paumée, ta Billie Jean des caravanes me rappelle trop Sara Forestier dans L’esquive. Même thématique de l’ado en dérive sauvée par le théâtre de Musset. Ensuite parce que le langage de ta Billie est incohérent : si tu la fais parler comme une caillera chère Anne, tu la décrédibilises en lui prêtant la poésie, la maturité et les références culturelles qui sont tiennes.

Reste que le chemin cabossé de Billie et de Franck, ces deux amis qui traînent leurs casseroles sur la pente lisse de l’ascension sociale est un peu trop léché à mon goût.

Quant à la fin, chère Anna, je n’ai rien vu venir. Ni l’herbe qui poudroie, ni le soleil qui flamboie, juste une grotesque pirouette pour justifier la chute, dans tous les sens du terme. Trop de facilité et trop peu de magie. Tu me manques Anna...

Billie d’Ana Gavalda, 223 p., éditions Le Dilettante.