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Sous les lunettes de Zerbinette

Cinq jours

Doug, quand tu nous as dit, au cours de ta conférence, que tu n’écrivais jamais deux fois le même livre, tu ne nous as pas menti.

Stylistique ment parlant j’entends. Parce que sur le fond, tu as ressorti ton thème de prédilection : celui du mariage qui s’épuise après des années de vie conjugale morose.

Ah ! Le dernier Douglas Kennedy... Côté maquette et quatrième de couverture pourtant, l’éditeur n’a pas lésiné sur l’artillerie. Il te promet ni plus ni moins "L’histoire d’une passion, le roman le plus bouleversant de Douglas Kennedy". Eh bien c’est raté mon cher lecteur. Résigne toi, tu ne trembleras pas il me semble avec cet opus là.

L’histoire, cependant, est d’un grand réalisme. Laura, mère de famille rangée, la quarantaine, se noie dans un travail anxiogène (elle détecte les cancers) pour tenter d’échapper à l’ennui d’un mariage pathétique. Un jour, elle est envoyée par sa hiérarchie à Boston, pour y assister, le temps d’un week-end, à un colloque sur l’imagerie médicale. Dans le hall de l’hôtel, un inconnu l’aborde...

S’il est bien une qualité unanimement reconnue à Douglas Kennedy dans la plupart de ses aventures, c’est sans doute sa capacité à nous faire tourner les pages, emportés que nous sommes par sa plume facile mais non moins captivante. Ici, les dialogues supposément passionnés sont plats comme des trottoirs de rue, les scènes d’amour aussi convenues qu’un manuel d’anatomie, et la lueur de cet embrasement à peine plus intense que la flamme d’un briquet. Laura et Richard ne nous enivrent pas, ni en actes, ni en paroles, parce que cette passion là est terne, nourrie de clichés...

« Sommes- nous libres de choisir le bonheur ? » nous demande l’auteur... Encore faudrait-il que ce bonheur là, ô ! Doug adoré, nous fasse un peu rêver...

Cinq jours de Douglas Kennedy, 364 p., éditions Belfond.