Festival

Quand les chemins divergent, les circassiens convergent

Circonvergence - 11 au 13 nov à La Cité des Arts

Voilà plus de dix ans que la compagnie réunionnaise Cirquons Flex tisse des liens avec des pratiquants d’autres disciplines qui revendiquent un travail autour du mouvement acrobatique : danse hip-hop, moringue, slackline, parkour, capoeira, arts martiaux,…

« L’arrivée de la Cité des Arts répond au manque d’infrastructures adaptées dont souffraient grandement les arts du cirque à la Réunion » me confie Vincent Maillot qui a les épaules bien solides pour faire virevolter sa partenaire, Virginie Le Flaouter, mais également pour fédérer les énergies de tout horizon. Circonvergence est le début d’une aventure qui se veut annuelle grâce au soutien coordonné du Séchoir (futur siège d’un Pôle National de Cirque, du moins on l’espère tous) et de la Cité des Arts.

Personnellement, si le cirque réunionnais était côté en bourse, je placerai tout mon pognon dans cette discipline, certain que le prochain spectacle consensuel qui fera date sur notre île et outre-mer sera issu de ce nouveau cirque polymorphe, élaboré lors de ces moments d’échanges.

Vous vous demandez sûrement à quoi ressemble une convergence d’acrobates et dans quelle mesure vous y êtes conviés ?

Primo, ce rassemblement a un nom : on appelle cela une convention, comme Bric à Balle, cette convention de jonglerie qui a lieu chaque année au Tévelave. À la différence que cette convention n’est pas payante et fermée (c’est à dire réservée aux professionnels) puisque le public peut y assister dans le cadre d’ateliers (attention les places sont limitées) et les pratiquants de toute discipline pourront animer des workshops dans le but d’échanger et d’enrichir leurs pratiques.

Deuxio, c’est l’occasion de découvrir un sacré vivier d’artistes locaux amateurs ou confirmés que vous ne connaissez sûrement pas et qui ne demandent qu’à partager leur expérience : New Gravity, Cirquez Décalé, Artenegra, Life N Kiltir, Capoeira Réunion, Cirké Kraké, Circus Nout Péi.

Le spectre de propositions est encore plus large puisque des circassiens internationaux sont de la partie : les acrobates du Chapitô Metisy (école de cirque de Madagascar), du Zip Zap Circus (école de cirque de renom de Cape Town), du Plus Petit Cirque du Monde (laboratoire de lien social et plateforme d’échanges internationaux de la région parisienne), la Cie de danse Retouramont et le Cirque Galapiat (coopérative artistique basée en Bretagne), ce dernier proposant deux représentations payantes de son spectacle BOI le samedi 12 novembre à 18h et le dimanche 13 novembre à 16h.

Ne loupez pas ce bûcheron bondissant : ses défis acrobatiques éthyliques sont bien moins futiles que des élucubrations de personnalités dans des recettes pompettes. De façon crue, Jonas Séradin questionne la solitude par le prisme de l’ivresse mais sa rencontre avec un alter ego musicien – Érick Lebeau du groupe Tricodpo- procure des échanges complices, dans un équilibre fragile.

Une fourmilière de cigales utopistes et laborieuses

Pendant trois jours, dans ce chapiteau de béton, tout ce petit monde bigarré va donc échanger, s’entraîner, manger, discuter, regarder des films. Je vous recommande notamment les courts métrages très oniriques et ancrés dans la réalité réunionnaise que Romain Philippon a réalisés pour la Cie Cirquons Flex. Pour lier musicalement tous ces espaces, le producteur électro Kwalud va se balader avec son Sound system et imaginer des univers sonores évolutifs au gré des workshops et des défis proposés aux pratiquants. Lesdits défis seront proposés et animés par un Monsieur Loyal décalé, Niko Garo de Sctrockbèn Cie, qui va ambiancer ce petit monde avec sa tchatche de bonimenteur forain.

Une partie des artistes vous concocte un cabaret-cirque à partir des numéros issus de ces multiples rencontres. Profitez-en, c’est gratos et c’est dans la sublime salle du Fanal le vendredi 11 novembre à 20h

Toujours dans ce souci de partage avec le public et tous les pratiquants, une scène ouverte – Podiom Rouvèr – est en accès libre le samedi 12 novembre, au Fanal, à 21h (places limitées, à retirer une heure avant le spectacle).

Vous êtes tous les bienvenus dans ce petit coin d’utopie éphémère où la langue universelle des corps en mouvement peut faire oublier les tracas quotidiens et tolérer les différences.

Manzi