Coup de coeur

La Fresque - Ballet Preljocaj | 7 et 8 juin 19h | 9 juin 20h | 10 juin 18h | St-Denis | Téat Champ Fleuri | 17-33€

Contemporanéité classique

Il est là, il est de retour, pour la cinquième fois. La Réunion a l’immense honneur d’accueillir en son sein un des merveilleux ballets d’Angelin Preljocaj, danseur et chorégraphe français dont la renommée n’est plus à faire. Mais il n’est pas revenu seul, ce n’est pas moins de 10 danseurs de sa compagnie « Les ballets de Preljocaj » qui le suivent dans cette nouvelle aventure dansée, « La Fresque ». Et les bougres ne sont pas là pour rigoler : ils vont pirouetter, sauter, virevolter, pointer, piquer sur les planches pendant quatre soirées qui s’annoncent mémorables.

Première immersion, pour le chorégraphe, dans l’univers du conte traditionnel asiatique, où il est question de la relation entre le réel et le virtuel, les illusions et quelques notes d’amour. Il nous offre une réflexion sur la représentation et l’image et un magnifique travail chorégraphique autour du cheveu, d’une grande importance dans ce conte chinois.

Spectacle pensé et construit pour le jeune public, il réveillera l’enfant qui est en chacun de nous, peu importe notre âge. Il est d’ailleurs dédié à la mémoire de Cléo Thiberge Edrom, jeune danseuse en quête continue d’excellence, à la forte sensibilité artistique, d’une grande rectitude et pour qui la danse rassemblait toutes ses valeurs, décédée à l’âge de 19 ans en 2012.

Angelin Preljocaj sait s’entourer des meilleurs et des plus pointus, que ce soit dans le domaine de la mode, du design, de la musique ou de la littérature.

Deuxième collaboration après « Les nuits » en 2013 avec Azzedine Alaïa (talentueux couturier franco-tunisien) pour les costumes ainsi qu’avec Nicolas Godin (moitié de Air) pour la musique, plus précis après s’être fait la main sur la musique de ballet lors de leur premier partenariat. Parfait dosage entre l’harmonie et l’abstraction, beaucoup de cordes et de percussions dans cette bande-son, les unes pour le côté oriental, et impossible d’échapper aux autres quand on écrit de la musique pour la danse. Très sensible également à l’univers des contes, dont il s’est toujours inspiré pour créer sa musique, il ouvre une porte sur le rêve et l’imaginaire. « Est-ce que la réalité commence quand on rêve ? Ou est-ce cette réalité qui est un rêve ? », voici le message qu’a voulu délivrer le compositeur.

Après avoir bien fait mes devoirs de recherches techniques, je peux vous donner mon ressenti personnel. Preljocaj, c’est du caviar dans ton burger, de la douceur dans un milieu dur, du contemporain dans le classique, de la diversité dans un monde de duplicité. Quand on parle de Preljocaj avec des inconditionnels de la danse, on parle technique, prouesses et autres frissons et mises en danger qu’il apporte au milieu de la danse classique. Mais c’est aussi du « Tu as vu son nouveau jogging dans la vidéo de sa dernière répèt ?! Je voulais le même mais y avait plus la bonne couleur !! C’est un rêve pour moi d’avoir la même tenue que lui. ».

Angelin Preljocaj, tout comme Benjamin Millepied, représente une bouffée d’air frais, une modernité, une ouverture au monde et à la rue (avec les interventions du G.U.I.D « groupe urbain d’intervention dansée » en peine ville par exemple), de la couleur dans la danse, une plus grande accessibilité pour tous à l’univers de la danse et ce n’est sûrement pas leur côté beau gosse aux cheveux grisonnants qui leur mettra des bâtons dans les roues.

Venez vous laisser surprendre par des pirouettes au son électronique et fantasmagorique avant de laisser ce ballet partir éblouir les yeux et les oreilles de nombreuses licornes à paillettes à travers le monde.


Lodie