Interview
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Seul à Seul

Coup de Fil à Alexis HK

Fabuliste imprévisible, élégant bâtisseur d’histoires, auteur original et imaginatif, Alexis HK revient à La Réunion pour la troisième fois, accompagné de ses copains Renan Luce et Benoît Dorémus. Interview Téléphonique.

Mounawar : album Sawa

Après quelques mésaventures et contretemps, l’anjouanais Mounawar sort enfin son tout premier album : Sawa, une bombe funk (...) +++

Pourquoi avoir voulu partir sur la route à trois ?

Ca faisait longtemps qu’on se croisait, sur scène et en dehors. On s’est dit que ce serait sympa de partager nos chansons, nos jouets, la scène, et de rencontrer nos publics respectifs, qui sont différents. C’est d’abord une histoire de copains, on ne vient pas juste en pack, chanter nos chansons chacun son tour. On est trois sur scène presque tout le temps, de temps en temps, y en a un qui chante tout seul pendant que les autres le regardent, des fois on chante des chansons des autres, on fait des duos, des trios. On se marre beaucoup.

Vous avez déjà écrit une chanson avec Renan Luce sur Les Affranchis. Vous profitez de la tournée pour écrire à trois ?

On a écrit quelques trucs ensemble, oui, dont une petite chanson un peu jingle sur les dangers du bodyboard - pas sur les requins - une histoire de gros tsunami qu’on est assez impatients de chanter à La Réunion. Mais on ne veut pas rentrer dans un système de groupe, c’est une tournée qu’on a voulue éphémère, une parenthèse. Après, chacun ira de son côté, fera ses albums tout seul, avec peut-être un duo ici ou là, mais c’est tout, je pense.

Vous êtes plus un fantaisiste qu’un chanteur politisé, mais est-ce que l’actualité vous inspire, comme la panique actuelle autour de la crise financière ?

Je crois que la leçon politique à retenir de ces dernières années, elle est vraiment très simple et évidente. On peut la résumer en une phrase : si on laisse trop les porcs se gaver, ils bouffent tout, ça fout le bordel. Après on crève de faim. C’est ce à quoi on assiste, et c’est le constat le plus clair qu’on puisse en tirer.

Qu’est-ce que ça vous fait d’être nommé aux Victoires de la Musique dans la catégorie révélation scène, alors que vous tournez depuis 15 ans ?

Ca me fait rire, bien sûr. Et ça me fait plaisir, faut le dire. Parce qu’il faut du temps pour se révéler. C’est un long processus. Je me dis que si on explose tout de suite, c’est qu’on n’est qu’une petite lumière vouée à s’éteindre, un phénomène éphémère. Donc c’est à la fois étrange et drôle, et puis logique aussi : effectivement, ça fait 15 ans que je tourne, mais au moins, je pourrai dire que je ne l’ai pas usurpée, cette nomination, que j’ai pris le temps qu’il fallait pour devenir quelqu’un qui dure.

C’est la 3ème fois que vous venez à La Réunion. En En 2006, vous étiez même le seul artiste de Métropole à n’avoir pas annulé vos concerts en pleine panique sur le chikungunya. Qu’est-ce qui vous attire tant ici ?

La Réunion, c’est peut-être bateau de dire ça, mais pour les gens de la Métropole, comme tous les DOM, c’est une parenthèse enchantée, on y rencontre des gens tellement doux et calmes… Et même dans les DOM, La Réunion, c’est spécial, encore plus paisible, encore plus cool. Passer à La Réunion, ça recharge les batteries pour l’année entière.

Propos recueillis par François Gaertner.