Portrait

Da Poulp Fiction

Zoom sur une bêbête qui chatouille les oreilles. A découvrir à la fin du Grand Boucan de cette année.

"Hip-pop-rock-electro avec Da Poulp Fiction"... c’est le programme tentaculaire prévu ce dimanche (24/06) aux Brisants pour le final du Grand Boucan. Ok. Ya du poulpe au menu donc ? Nop. Da Poulp Fiction, c’est un groupe éclectique et pêchu dont on entendra sûrement parler.

c’est qui/quoi ce poulpe ?

Ils sont quatre musiciens et mélomanes passionnés, tous formés aux métiers du son et de la musique. Romain à la basse, Lionel à la guitare, David à la batterie et Léo à la voix, guitare et clavier. Quatre « ingés son », donc, relativement autonomes et pointus en termes techniques, mais aussi et surtout musiciens et artistes convaincus.

Mais alors, pourquoi ce nom, « Da Poulp Fiction » ? Léo répond en riant : « T’as qu’à regarder ma tronche, c’est pas les tentacules qui manquent ! ». En réalité, au-delà des similitudes capillaires et de l’évocation du film culte, ce nom fait surtout référence aux multiples influences musicales invoquées par le groupe.

En effet, question style, Da Poulp Fiction est un joyeux mixage de pop/rock/electro pour ce qui est des sonorités, des énergies et influences premières. Mais le zourite se teinte également de hip hop, reggae, dub, funk/groove… « On s’est dit ça fait long comme descriptif », remarque le chanteur. Pour condenser, on parlera donc d’un « Hip Pop Rock Electro, maillé maillé ». Ok. Le poulpe est donc protéiforme.

la naissance du poulpe

Le groupe est né il y a un peu plus de deux ans, sous l’impulsion de Léo, aussi auteur et compositeur donc. Issu de l’école Hip Hop, il a en même temps beaucoup baigné dans la marmite reggae, avant de s’ouvrir à d’autres styles… Durant ces dernières années, et un peu au fil de ses expériences, il a écrit plusieurs morceaux, « tout seul devant son ordi ». Finalement, plusieurs titres révélaient une certaine cohérence entre eux, un fil conducteur. Alors lui est venue l’envie « d’en faire quelque chose ». Ce quelque chose, ce sera de monter un groupe !

De fait, l’équipe se constitue assez spontanément. Léo a déjà l’habitude de jouer avec Romain et David depuis l’époque estudiantine. Ils jammaient ensemble en Australie où ils se formaient tous les trois dans la même école. La rencontre musicale avec Lionel est plus récente, mais l’entente s’est révélée immédiate.

Et c’est donc sur la trame initiale, proposée par Léo, que se mettent alors à pousser les tentacules du poulpe, avec l’apport d’une touche personnelle de chacun des musiciens. Le « melting-potes » finit ainsi par donner un goûtu mélange de rock (cher à Lionel), de funk (dada de Romain), de hip hop et de reggae (du draideux Léo), teinté d’afro beat by David.

la langue du poulpe

La majorité des morceaux sont en anglais (« c’est arrivé comme ça »). Léo aime cette langue pour ses sonorités. « C’est une langue qui est faite pour chanter », pense-t-il. Mais la langue de Molière n’est pas complètement boudée, puisque certaines chansons sont écrites en français. Chez Léo, l’écriture vient surtout d’un feeling en rapport à la musique. C’en est le prolongement. « Parfois j’ai quelques phrases sur une mélodie qui me viennent (sous la douche ou dans la voiture, comme quoi…) et je construis la musique autour. Des fois j’entends du yaourt, alors je pose des accords, et ensuite je remplace le yaourt par des mots », explique-t-il.

Ok. Le poulpe est donc multilangue. Mais alors de quoi ça parle ? En coeur, le quatuor détaille : « de ce qu’on ressent, de façon simple et en évitant les clichés, plutôt comme tu pourrais parler à un pote ». Il s’agit d’aborder les expériences de vie, sans déballer l’histoire de A à Z. Parler de ce que ça a apporté, et de la « traversée », avec si possible un peu de recul. « ça parle d’un chemin de vie », résumé Romain.

la philosophie du poulpe

Les thèmes sont traités sous un angle assez large, qui permet aux gens d’y projeter leur propre histoire. Ainsi, « I am a dreamer » chanson assez positive, parle de réalisation (de ses rêves). Dans « Get out », morceau plus énergique, il s’agit de ne pas se laisser déstabiliser par des entourages néfastes, de s’en détacher plutôt que de chercher à les combattre.

En contraste avec l’ego trip, le groupe se place dans un « we go trip », plus large que « je », dans une sorte d’entité sociale, collective. Ok. Donc le céphalopode est aussi un peu philosophe sur les bords.

La préparation du poulpe

Depuis un an, ils travaillent à professionnaliser leur projet. L’objectif serait de présenter à terme un support enregistré, certes, mais aussi un spectacle construit, un « vrai show ».

A cette fin, une première résidence est prévue à Lespas en février 2019 pour approfondir ce projet, autour du travail scénique et de la mise en scène. « On voudrait modeler une belle matière et lier le tout à une trame, pour que l’ensemble raconte une histoire. On veut quelque chose de parfaitement construit ». Ok, donc le poulpe est exigeant envers lui-même. Tout de même, Léo, qui se décrit comme un éternel insatisfait et un perfectionniste, ajoute : « pour moi, tout ça c’est un peu une thérapie. Il faut lâcher du lest, arrêter de se prendre la tête sur les détails et oublier le souci de plaire à tout prix. Au fond, si tu n’habites pas ce que tu fais, ça manque d’âme. L’intention dans ce que tu fais, l’énergie que tu y mets, et le kiff que tu y prends, c’est ça la clef ».

Alors, en attendant de peaufiner un show (et éventuellement un EP) aux petits oignons, Da Poulp Fiction veut sortir de son studio et faire vivre sa musique en live. L’idée première n’est-elle pas de partager le plaisir ? C’est donc dans les bars et les rondavelles que l’on va pouvoir découvrir, dans un premier temps, ce quatuor « multipass », et sa musique tentaculaire, qui vous fera secouer la tête et le corps (sinon la poulpe elle reste en bas) !

Lalou


  • Da Poulp Fiction
  • Dimanche 24 juin - 21h | St Gilles | Plage des Brisants - lors du Grand Boucan | Gratuit