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Sous les lunettes de Zerbinette

Fiançailles

Ce bouquin me plonge dans des abîmes de perplexité. Je ne sais absolument pas quoi en penser.

D’abord parce qu’il ne correspond pas du tout à ce qu’en dit la quatrième de couverture. On nous vend un roman puissamment érotique au coeur du bush australien. Au lieu de ça, tu auras droit entre autres à la scène d’accouchement par le menu d’une vache par le héros, ou encore à une description très pointilleuse de la manière dont il découpe la viande. À chacun ses fantasmes tu me diras. L’équarrissage, c’est pas mon truc.

Bon venons-en à l’histoire : la narratrice, Liese, fait visiter des appartements pour la boîte de son oncle. Comme elle est criblée de dettes, elle fait croire à un de ses clients qu’elle est une prostituée et accepte de lui de conséquentes sommes d’argent pour se livrer à de petits jeux coquins dans les diverses demeures dont on lui confie la vente. J’ai toujours su que c’était sympa agent immobilier. Je comprends mieux maintenant pourquoi ils ont ce sourire mutin au coin de la lippe quand ils nous font visiter une cuisine miteuse. Bref. Si tu t’attends au détail des jeux en question, tu repartiras la queue entre les jambes si tu me permets l’élégance et la subtilité de l’expression.

Après plusieurs mois de galipettes et d’ellipses narratives, Alexander invite Liese pour le weekend dans sa ferme, perdue dans la pampa australienne. Et là, lecteur, tu perdras les pédales. La complexité des personnages se dévoile lentement, l’oppression s’installe, et la frontière entre la victime et l’agresseur se brouille dangereusement. Et si j’étais inspecteur de police, je serais à cet instant toujours bien en peine de débrouiller l’écheveau. Unique et dérangeant.

Fiançailles de Chloe Hooper, 303 p., éditions Christian Bourgois.