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Genèse d’un Grand Boucan !

Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait.

Cap ou pas cap ?

« L’année prochaine ce sera dans la rue, un carnaval où tous pourront se costumer, s’amuser, venir partager un moment de joie et de fête (…) où toutes les facettes si riches de la culture réunionnaise seront représentées, donnant un vrai sens à la Réunion » déclarait en 1997 Anne Savet présidente de la compagnie Pole Sud. Ça s’appellera : Le Grand Boucan. Une prophétie qui perdure depuis 20 ans !

Le Grand Boucan, c’est être ensemble, c’est faire du bruit (pour s’entendre et se comprendre), c’est partager des couleurs, des idées, des émotions. Un instant carnavalesque qu’Anne Savet, ses amis ingénieurs et artistes, ont su mettre en oeuvre avec tant de faste que l’aventure en à puiser sa force. De celle qui perdure des années durant et aujourd’hui encore avec une édition anniversaire très attendue.

Conversation sur un coin de table

Ambiance auberge espagnole. C’est le temps d’une rétrospective avec Anne, Nath, Eric, Morgane, Gaétan, Edouard, Alexandra, la marmaille et tant d’autres. On se remémore quelques carnavals passés. Les peurs, les doutes, les polémiques, les surprises. Ça fuse autour de cette grande tablée.

On se souvient que les premières éditions sont nées dans le jardin familial avec les amis. Des problèmes de salle et d’envergure « On avait dû stocker un char sur le terrain d’une amie ». D’un dérapage lors de la parade mais heureusement « la soirée s’enchaina après comme un miracle »...

On se sent surtout fier d’avoir créé, partagé, vécu tant de choses. « Une nouvelle façon d’être ensemble était née, plus douce et plus conviviale. Un lien social que nous allions défendre, corps et âme pour continuer ».

La relève est d’ailleurs assurée car au gré des saisons, la motivation croît comme les marmots. Ici « les enfants ont été nourris d’amitié, de créativité, de confiance et de liberté pour faire, construire ensemble et partager. Le flambeau se passe avec Confiance » raconte Eden du haut de ses 20 ans et qui a vécu toutes les éditions du Grand Boucan depuis sa création.

Mascotte et moment emblématique

Rose dodu, chocolat, robotique, à l’effigie du soleil malgache ou de Neptune, de Bacchus, d’Obéron, d’Arcimboldo. Qu’il soit roi du temps, des jeux, de l’Age de pierre ou de l’amour, puissante et envoutante reine, masculin ou féminin, l’emblème du carnaval - le roi ou la reine Dodo - se décline encore et encore. Les thématiques elle-mêmes invitent chaque année au voyage : en pays catalan avec Miro, dans les ombres de la Chine, à la rencontre des tigres du Bengale, des oiseaux du Brésil, dans l’Inde des Maharajah, dans l’Espagne de Don Quichotte et Sancho Pancha, au fils du temps avec Dali, ou dans des mondes imaginaires, pétaradants.

Là encore, le lien, c’est la mixité de la Royauté Dodo au fils des thèmes, multi-facettes, multi-casquettes. Comme le sont les participants de ce grand rendez-vous. Car, à l’image d’autres villes ou pays, le défilé du Grand Boucan est devenu un événement statutaire, emblématique de l’Ouest et plus généralement de La Réunion toute entière. Ils sont de plus en plus nombreux à soutenir le projet : restaurateurs, partenaires, institutions, bénévoles, familles, etc... Chacun apporte sa pierre à l’édifice.

En grande préparation

Cette année, pour cette édition anniversaire, on voit en grand. Dans la bulle de Cambaie, lieu de création éphémère grandiose, c’est une fourmilière qui s’active avec entrain depuis le mois de mars. On y cultive la joie, le lâché prise et les fous rires. Mais aussi et surtout, on y bricole et recycle. Les petites mains s’activent. « L’atelier est un concentré de bonne volonté, d’implication personnelle et de travail d’équipe. Nous partageons tous un amour commun pour la création, la fête. »

On se regroupe, on galère, on se questionne, on peste, on solutionne, on projette, on s’inspire. C’est dans une cacophonie joyeuse que les associations assemblent et rassemblent les costumes, les chars et les gens. Plus de 44 associations participent aux fanfares, chars, batucada, danses et chants. Les participants sont de tous âges et tous milieux. Une sorte de "melting-potes-socio-culturel-inventif"

Et à voir ce qui se trame dans cet atelier du bonheur, ça laisse rêveur ! Tout est surprenant, aérien, gigantesque. Cette édition sera assurément mémorable. La Compagnie Pôle Sud promet rien moins qu’une cérémonie Maya dans la jungle Saint-Gilloise. Torches en avant, rendez-vous ce dimanche 25 juin pour une parade effervescente, un anniversaire haut en couleurs et incandescent.


Texte et photos : Elia.ajc


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