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Gentleman’s Dub Club

Gentlemen’s league

Ils sont neuf et ils viennent de Leeds...

... Ce club anglais très select (tenue correcte exigée) mélange les genres à la mode un peu de chez eux, un peu d’ailleurs : ça sonne anglo-jamaïcain, un ska/reggae/dub en costume cravate... Le « Gentleman’s Dub Club » déboule pour deux dates à la Réunion


Comme on dit de l’œuf et de la poule, nul ne sait si c’est le gentleman qui appelle au costard ou l’inverse. Toujours est-il que sur scène, depuis dix ans, la troupe « fait un effort » côté fringues. « Tenue facile », expliquent-ils, qui signe une identité et surtout, évite d’afficher leurs looks de tous les jours et « de passer pour des ringards »

Les « gentlemen » étaient étudiants lorsqu’ils se sont rencontrés. C’était à Leeds, bonne ville d’Angleterre bien connue pour ses soirées underground et sa scène musicale dynamique pour ce qui est du dub et de l’électro, entre autres. A l’époque, leur truc à eux, c’étaient les clubs et les sound systems (SubDub et consorts). Ils ont ainsi commencé à jouer dans les caves et soirées diverses, faisant leurs classes en live avant tout. D’où le « Dub » et le « Club ».

A l’écoute, c’est la surprise. Si l’influence du dub est présente, elle n’apparaît toutefois pas forcément, et pas tout le temps, sur le devant de la scène. Touche-à-tout, le groupe maîtrise l’éclectisme, entre reggae roots, ska, 2-tone, pop et traitements dub voire électro... A noter : ils sont signés sur le label américain Easy Star, qui a sorti ces dernières années quelques-uns des projets les plus créatifs de la galaxie reggae.

Si t’arrives à faire danser à Londres...

« C’est énergétique », raconte Nick, le guitariste _ dont le français s’avère rarement approximatif et sans aucun accent. En effet, huit musiciens (guitare, basse, batterie, cuivres, clavier, chant) sur scène, ça en jette. GDC est un groupe de live avant tout, ça ne fait pas un pli. « On a fait 3 albums, 2 EP, mais pendant des années, on n’a fait que de la scène, beaucoup de scène », explique le groupe. Des années de gros festivals à travers le monde, comme de clubs et de petites salles plus intimes (plus « sweaty » aussi, ajoute Toby, bassiste et producteur du groupe).

Dans le processus de création, le live se place même, souvent, avant l’étape du studio. Pourquoi ? Parce que ça démange de jouer de nouveaux morceaux pour un public. Et aussi parce que c’est une façon de faire évoluer les compositions, de les mûrir et de les améliorer grâce aux réactions sur et devant la scène. Les versions studio des albums s’en trouvent donc elles-mêmes façonnées par le live.

Les gars sont rodés à l’exercice : le show promet de beaux moments de danse et de d élire commun. Pour preuve... vivant à Londres depuis une dizaine d’année, le groupe connaît bien l’exigence du public de la métropole anglaise, blasé (peut-être ?) par le foisonnement de sons qui y affluent sans cesse. La capitale est « une ville dure, il faut gratter ta vie », remarque le guitariste bilingue. « Alors, si t’arrives à motiver le public à Londres, à faire danser, c’est que tu peux aller partout  ».

Disco du Dub Club

Leur premier EP « Members Only » (2009), N°1 sur le chart iTunes reggae UK, a été repris par de nombreux DJ de la BBC et diffusé à la radio. S’en suit « Open Your Eyes » (2012) puis leur premier album« FOURtyFOUR » (2013), très bien reçu par la presse et radio Anglaise. GDC revient alors avec « The Big Smoke » (2015) puis "Dubtopia"( 2017). Tour à tour sombres ou gaies, digitales ou organiques, chantées ou instrumentales, leurs musiques restent relativement impossibles à classer.

Dans le GDC, tout le monde écrit. De quoi ? De « l’expérience des clubs, le sentiment de se retrouver entre amis, les nanas, évidemment »... Sans revendications politiques (ou religieuses) affichées, le message se veut « positif » dans la façon de « prendre son chemin, faire ses choix ». On ne devrait pas tarder à voir paraître le petit dernier, enregistré dans une ferme isolée au fond du pays de Galles, transform ée pour l’occasion en studio (en fait, ça sonne bien, une grange, paraît-il).

En attendant, c’est bien sur scène qu’il faut aller les découvrir. Energie festive garantie.

Lalou




  • VEN 14 SEP 2018 - 21:00 - Le Nouveau Kerveguen - St Pierre - 1ère partie : Positive Vibes Sound - Tarif : 12€/20€
  • SAM 15 SEP 2018 - 20:30 - Le Kabardock - Le Port - 1ère partie : Community Sound System - Tarif : 12€/18€