Interview

Lolita Tergémina adapte Dario Fo en version bilingue

« Il faut arrêter de voir la langue créole comme une tare. »

Suite au succès des pièces d’Anton Tchekhov à la sauce créole en 2011, la compagnie Sakidi propose une version française et une version créole de Couple ouvert à deux battants, des dramaturges italiens Dario Fo et Franca Rame. Rencontre avec la directrice artistique de Sakidi et la metteuse en scène engagée, Lolita Tergémina.

Depuis la création de la Compagnie Sakidi en 2005, cette diplômée de l’ENSATT se fait un devoir de « démocratiser la culture du théâtre classique » et de légitimer le créole comme langue à part entière. Son dernier cheval de bataille a pour noms Couple ouvert à deux battants / Ménaz rouver doub koté : une même pièce déclinée en deux versions proposées en alternance. Ce sera l’occasion, pour les spectateurs, de (re)découvrir cette comédie satirique italienne parue en 1983, écrite par le nobelisé Dario Fo et sa compagne Franca Rame, décédée cette année. « Un couple ouvert » sur les infidélités comme idéal de vie conjugale ? Telle est la proposition audacieuse faite à Antonia (Rachel Pothin) par son mari (Jean-Laurent Faubourg)...

Si l’on pourrait s’attendre à une énième déclinaison des thèmes de la scène de ménage et de la fidélité, c’est sans compter l’écriture subtile du ce couple emblématique de la contre-culture italienne, qui décortique avec finesse les personnages, les poussant parfois jusqu’à la caricature assumée. Un aspect que Lolita Tergémina a tenu à garder dans sa traduction et sa ré-adaptation. En pleine répétitions avec ses comédiens, la comédienne qui jouera bientôt dans le spectacle musical Li té ve war, a accepté de répondre à nos questions.

Couple ouvert à deux battants, bien qu’elle soit une œuvre classique du théâtre, est assez peu connue du grand public. Pourquoi l’avoir choisie ?
L.T : Tout d’abord, ce sont deux auteurs, un couple qui a écrit une pièce sur les déboires d’un couple. (rires) Déjà je trouve que cet aspect est fort. C’est une pièce qui a été écrite dans les années 80, et je trouve qu’elle est encore très contemporaine. Outre cet aspect, le thème me plaît beaucoup, j’y suis très sensible. Ma dernière pièce (cf. les adaptations de Tchekhov, Malsoufran la et In domann pou marié) traitait déjà du couple, les problèmes d’homme et de femme, mais aussi les problèmes d’humanité. À la base, je cherchais aussi une pièce pour deux comédiens. Donc je me suis mise à lire des pièces mettant en scène des duos et là, je suis retombée sur Couple ouvert à deux battants que j’avais déjà lue auparavant et qui m’avait beaucoup plu.

Votre objectif de départ était de transposer la pièce en créole ?
L.T : Au départ, mon objectif n’était pas de traduire une pièce classique en créole mais de transposer des œuvres dans un univers réunionnais. C’était le cas pour les premières pièces de la Compagnie Sakidi, comme Songes d’une nuit d’été, qui n’était pas traduite en créole. Avec le metteur en scène Jerzy KLESYK, qui était aussi mon ancien professeur, on avait ce soucis de faire en sorte que la pièce parle aux Réunionnais avant tout. La question de la traduction n’est apparue que lors de ma troisième création, en travaillant avec les comédiens. Je me suis rendue compte de que cette langue donne quelque chose de plus vivant dans le jeu. Là on monte la version française et la version créole, c’est à dire qu’un soir, on aura la version française et le soir suivant, celle en créole.

"L’infidélité, les problèmes de communication entre les hommes et les femmes - c’est ce que moi, je vois aujourd’hui dans la société réunionnaise"

Ce que vous n’aviez pas fait pour les Tchekhov. Pourquoi cette volonté de les présenter en alternance cette fois-ci ?
L.T : Si la mise en scène est la même, changer de langue apporte une autre façon de voir la pièce. Ce qui fait que quelque part, nous aurons deux créations différentes. En créole, le texte est beaucoup plus percutant par exemple, moins lyrique, beaucoup plus près du corps et plus engagé émotionnellement. C’est la langue natale des comédiens, donc il y a une certaine évidence, un naturel dans leur jeu ! Pour moi, cette pièce est ancrée dans les problématiques de couple : l’infidélité, les problèmes de communication entre les hommes et les femmes - c’est ce que moi, je vois aujourd’hui dans la société réunionnaise. Une espèce de mal-être. Et traduire ce malaise en créole ne fera que questionner davantage les Réunionnais, les interroger sur leur façon de voir la vie, le couple. Le théâtre est fort pour ça, parce que nous pouvons nous permettre d’accentuer des choses que nous n’oserions pas faire ou dire dans la vie de tous les jours, à cause des conventions sociales... Il n’y a plus de barrières : dans la pièce, le langage est cru, il dit les choses frontalement.

Comment avez-vous géré la préparation des deux versions ?
L.T : Au départ, nous avions convenu avec les comédiens, qu’on attaquerait d’abord avec le texte français avant d’attaquer la version créole parce qu’en créole, ce sera beaucoup plus facile à jouer quelque part. Comme le français n’est pas forcément la langue qu’on emploie tous les jours (Lolita Tergémina et les comédiens NDLR), il y a un effort supplémentaire à fournir dans le jeu. Il faut que la parole soit engagée, on ne peut pas parler comme on le fait quotidiennement, avec une articulation lâchée. Il faut muscler le texte en français. Pour le créole, ce sera plus facile, car il va apporter toute la légèreté, les nuances. C’est une langue riche contrairement à ce que l’on peut croire. Et là, je reviens à mon travail de traduction qui a été la première étape de mon travail.

"Nous sommes capables de dire quelque chose avec poésie, avec un langage soutenu. Le créole n’est pas seulement fait pour faire rire, insulter..."

Justement, pour les adaptations de Tchekhov, vous aviez collaboré avec d’autres traducteurs, notamment avec Jérôme Vellayoudom. Cette fois-ci, vous vous retrouvez toute seule, comment ça s’est passé ?
L.T : C’était un défi à tous les niveaux. La première entrée en matière fut avec la traduction et le travail fut plutôt aisé. Lorsque je suis sortie de mon école, j’ai eu la chance de travailler en italien pour une pièce. J’ai donc eu l’occasion de pratiquer la langue italienne. Donc dans mon travail, je pouvais me référer à la fois à la traduction française mais aussi m’appuyer les textes de Dario Fo et Franca Rame dans leur version originale. Ce qui m’a permis de me concentrer davantage sur la syntaxe et le vocabulaire. J’ai cette exigence de dire que ce n’est pas parce que j’écris en créole ou que nous faisons quelque chose en créole que nous allons parler un créole appauvri, vulgaire, de rue. Mon combat est de dire aux jeunes notamment, que notre langue est belle, riche. Nous sommes capables de dire quelque chose avec poésie, avec un langage soutenu, et que ce le créole n’est pas seulement fait pour faire rire, insulter, etc. Traduire en créole c’est rendre à cette langue toutes ses lettres de noblesse. Et pour ça, je m’inspire des grandes figures réunionnaises qui se sont battues et qui le font encore aujourd’hui. Ce sont les Carpanin Marimoutou, des Alain Armand, des Danyèl Waro... Ce sont des mentors pour moi. Même si j’ai traduit la pièce toute seule, à un moment, j’ai éprouvé le besoin d’avoir leurs retours, leurs avis sur mon travail.

Vous semblez critique vis-à-vis de la langue créole telle qu’elle est employée aujourd’hui. D’où vous est venue cette volonté de militer pour le créole ?
L.T : Avant même d’intégrer l’ENSATT, j’étais déjà une « jeune militante » de la langue créole. Avec le parrainage de Danyèl Waro, on faisait des kabar, et c’est comme ça que j’ai redécouvert le créole en tant que langue à par entière. Et je pense à beaucoup de jeunes qui méprisent le créole ou par méconnaissance, qui mettent de côté la richesse de ce dernier, son vécu, son parcours... Je pense qu’ils doivent prendre conscience que le créole est important parce qu’il nous permet de comprendre nos émotions, les personnes que nous sommes, et il nous permet d’avancer dans la vie. Il faut arrêter de voir le créole comme une tare, au contraire, c’est une richesse de pouvoir parler deux langues.

Le fait d’être partie pendant trois ans, ça m’a fait comprendre que ma langue était une force plus qu’une faiblesse. Le problème vient peut-être aussi du fait que la transmission du créole entre les générations ne se fait plus autant et aussi bien qu’avant. Avec Menaz rouver doub koté, je veux ramener le théâtre à notre langue, le rendre accessible. C’est un moyen pour moi de mettre sur un pied d’égalité le créole et le français et ne pas céder à la confrontation. Je veux montrer que ces deux langues peuvent s’enrichir mutuellement.

"La transmission du créole entre les générations ne se fait plus autant et aussi bien qu’avant."

Outre le fait de traduire la pièce de Fo et Rame en créole, quel a été le challenge de Ménaz rouver doub koté ?
L.T : Le défi a été avec les deux versions, de créer deux impacts différents. L’objectif étant de toucher un public plus large grâce à cette alternance : chercher un nouveau public sans pour autant en exclure un autre. Je ne cherche en aucun cas à stigmatiser. Par exemple, les personnes qui ont peur de ne pas comprendre en créole, pourront d’abord découvrir la pièce en français. Et qui sait, peut-être, que ça leur donnera envie de se mettre à la version créole. C’est une question d’ouverture sur l’extérieur, avoir cette possibilité d’être ouvert d’esprit. Je trouve que le théâtre est un art tellement mineur, encore plus à la Réunion parce qu’il n’y a pas cette pratique ancestrale, contrairement à la musique par exemple. Quelque part, ce n’est pas inné.

L’idéal, ce serait de voir les deux pièces, pour justement savoir ce qui diffère entre les deux versions, de voir les spécificités de l’une et les subtilités de l’autre. J’essaye de me mettre à la place du public : quand je vais voir deux pièces de langues différentes, il y a peut-être des choses qui me toucheront plus quand ce sera de ma langue natale et d’autres choses qui vont plus m’ouvrir sur le monde quand ce sera en français. Et vice versa pour un public non créolophone. La barrière de la langue n’existe pas. C’est ça qui est fort avec le théâtre : si on est vrai, la magie opérera, et le public sera forcément touché. Pour moi, les deux langues vont dialoguer.

"La barrière de la langue n’existe pas... Si on est vrai, la magie opérera."

Vous dites que le théâtre est un art très mineur et méprisé à la Réunion. Ne pensez-vous pas qu’il souffre encore de cette réputation trop élitiste et que ça constitue un frein dans la démocratisation du théâtre que vous défendez ?
L.T : Non je ne pense pas que ce soit LA raison, je pense que ce n’est pas de cet ordre-là. De plus en plus, il y a des auteurs réunionnais qui commencent à écrire en créole et ça, c’est un grand pas. J’ai joué récemment dans une pièce de Vincent Fontano, Tambour (la soumission) en avril, qui a été accueilli avec succès par le public. Donc, je ne pense pas que ce soit un problème d’élitisme mais davantage une méconnaissance du théâtre à la Réunion et un problème culturel : on n’a pas été habitué à aller au théâtre . Et quelque part, je pense que les Réunionnais ont peur de s’attaquer au monstre qu’est le théâtre, parce qu’il y une certaine vérité, une émotion qui vous percute. C’est un spectacle qui se vit et qui ne se regarde pas, contrairement à un film, par exemple. Mais il faut reconnaître que depuis ces dernières années, il y a beaucoup de propositions au théâtre à la Réunion, surtout de formes différentes, qui ne sont pas du tout élitistes justement. Il y a beaucoup de pièces montées en rapport avec les situations qui sont vécues à la Réunion comme Fontano, Sergio Grondin, Lolita Monga. Les choses sont sur la bonne voie.

Justement, par rapport à ces nouveaux auteurs et à ce théâtre qui raconte les souffrances quotidiennes, des pièces comme Kok Batay ou Tambours (la soumission) parlent de la société réunionnaise sous l’angle de la violence. C’est très cru et c’est un choix artistique radical. La Réunion, c’est aussi la violence, morale ou physique. Quel regard avez-vous sur ces nouveaux auteurs sombres et dramatiques ?
L.T : Je trouve que c’est bien, c’est important de dire que nous ne vivons pas dans un monde de Bisounours. Il faut arrêter de se mentir. Ce sont des auteurs que je connais très bien, surtout Fontano (la pièce, dans laquelle elle a joué, est reprise au 2e semestre au Téat Champ Fleuri, NDLR) qui aborde les problèmes de violences conjugales. Le théâtre est une belle plateforme pour ça. Et si on arrive à un moment où il n’y que ça qui sort, ça veut dire qu’il y a un ras-le-bol. Cette nouvelle émergence montre qu’il faut arrêter d’avoir peur de dire les choses et de ramasser les souffrances. Ça ne peut que résonner à La Réunion. On parle souvent de la violence dans les faits divers mais on n’a jamais cherché à comprendre, savoir pourquoi elle existe. Souvent, c’est du sensationnalisme, les journaux restent à la surface des choses. Et ce nouveau théâtre réunionnais, incarné par des auteurs comme Vincent Fontano ou Sergio Grondin permet de reconstituer un contexte, un cadre. Il permet donc de comprendre ce qui pourrait nous échapper en temps normal. Quelque part, ces comédiens et ces auteurs font le travail que ne font pas les politiques, qui ont tendance à cacher les choses et adoucir la vérité, et ça ne fait que creuser le fossé entre eux et nous, et aggraver la misère. Au-delà du comique ou de la dureté du théâtre, l’important, ce n’est pas de faire rire ou pleurer mais de dire les choses avant tout. Avoir le courage de dire les choses.

Quand je regarde ce qui se passe à la Réunion, j’ai l’impression que la pièce a été écrite hier !

Pour Ménaz rouver doub koté, il n’est pas question de violences conjugales ni de violence tout court, mais il y a un sous-texte, un propos assez incisif. On l’a dit, c’est un couple qui l’a écrit, et ce qui fait la force de la pièce originale, c’est ce militantisme anti-machisme. Et en même temps, les féministes aussi en prennent pour leur grade. Avez-vous conservé cet aspect ?
L.T : Oui, c’est ce qui m’a beaucoup plu aussi dans la pièce. Dario Fo et Franca Rame le font sans tomber pour autant dans l’excès, les travers et le didactique. J’ai tenu à respecter cette ligne de conduite. Ce n’est pas une pièce didactique qui proclame que l’homme est comme ci et la femme, elle est comme ça. À certains moments, on est à fond avec le personnage masculin, et à d’autres moments, complètement pas. De même pour la femme. Au final, ce sont des personnages tout à fait normaux, attachants malgré ou grâce à leurs défauts. Tout couple pourra se reconnaître : les hommes peuvent s’identifier autant à l’homme qu’à la femme et vice-versa. Et comme c’est un couple qui a écrit la pièce, les textes sont justes, il n’y a pas de parti-pris. Je me suis vue comme femme dans cette histoire et par cet équilibre, la pièce est parvenue à modifier mon regard sur les hommes. Je suis moins critique vis à vis d’eux (rires) Et puis, il y a un militantisme politique qui m’a aussi séduite et qui reste d’actualité. Quand je regarde ce qui se passe à la Réunion, j’ai l’impression que la pièce a été écrite hier.

On dit aussi que c’est une pièce narrée à l’italienne. C’est très volubile, il y a beaucoup de clins d’ œil et d’apartés avec le public. Est-ce que l’on va retrouver cet aspect dans la version réunionnaise ?
L.T : Oui, on retrouve cet aspect décalé des personnages, typique de la comédie italienne. On retrouvera aussi des apartés, des interactions entre spectateurs et acteurs comme dans la version italienne. Notamment, avec le personnage féminin Antonia. C’est ce qui me plaît beaucoup dans cette pièce : il y a plusieurs niveaux de langage. Il y a les deux personnages qui se parlent, après un des personnages s’adresse au public. Il y a également des flashbacks qui vont complexifier la narration. Mais l’idée c’était de ne pas en faire une simple comédie, je voulais accentuer le propos sérieux de la pièce.

Vous parlez de l’aspect satirique de la comédie ?
L.T : Oui. Couple ouvert à deux battants est drôle mais c’est souvent un comique de situation. Or certaines situations de la pièce sont dramatiques, ce qui est paradoxal. C’est ça que j’ai essayé de mettre en exergue dans ces nouvelles versions. On arrive à trouver de la profondeur dans une certaine légèreté et de la légèreté dans de la profondeur. Je ne voulais pas faire de la pièce un vaudeville, une pièce à la Feydeau. Je voulais raconter une histoire avant tout, où les spectateurs sont pris dans une engrenage. Et je tiens à ce que les comédiens, dans leur jeu, ne tombent pas dans une comédie facile.

J’avais une dernière question, en rapport avec la résidence à laquelle vous participez avec Danyèl Waro et Davy Sicard, Li té ve war (nouvelle création d’Amadeus). C’est un projet original par la sujet abordé et qui réunit en quelque sort la crème de la crème des artistes locaux. Est-ce que ce serait possible d’en savoir un peu plus ?
L.T. : J’interviens en tant que comédienne principalement. C’est Lydie Géraud en collaboration avec l’association Amadeus, qui dirige le projet.Ce nouveau projet a été mis en chantier à l’occasion des 350 ans du peuplement de l’île et il sera joué par des enfants qui n’ont pas forcément eu accès à des cours de chant ni au théâtre. Je jouerai le rôle de la Mère des enfants De nombreux artistes sont aussi attachés au projet comme Davy Sicard, Danyèl Waro, Gilbert Pounia. Ce qui est drôle, c’est que me retrouve en quelque sorte avec tous mes mentors. Quand on m’a appelée pour ce spectacle, j’avais du mal à y croire, je me suis dit que ce n’était pas possible. J’ai toujours eu envie de chanter, je l’avais déjà fait dans des kabar avec Danyèl et là je me retrouve dans un projet totalement musical. J’ai tout de suite dit oui, car il y a côté humain qui m’a plu notamment parce qu’on travaille avec des enfants qui n’ont pas forcément accès à la culture dans leur quotidien ou dans leur famille, et qui pourtant, ont un talent fou. Et ils ont cette naïveté, cette innocence propre aux enfants et ça, ça m’a aussi séduit. Par ailleurs, le thème est fédérateur, même s’il a déjà été abordé : la Réunion et ces différences de « couleurs », comment lutter contre cette forme de racisme qui existe encore malheureusement sur l’île. C’est un thème qui forcément, me touche. Et c’est l’occasion aussi de mettre un pied dans un univers que j’avais l’habitude d’observer. (cf. le chant, la musique)

Entretien : Simon Hoareau


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