Zoom

France Profonde

Immersions « au cœur de la meule »

Le pitch est intriguant. « Quels liens entretenons-nous avec la terre ? Qu’est-ce qui se joue sur une parcelle agricole en France ? » Après tout, que l’on ait les pieds dessus ou non, que l’on y enfouisse nos poubelles ou qu’on y place notre avenir, la terre, on s’y retrouve tous.

France Profonde se présente comme une occasion de se questionner ensemble. Pour le coup je m’interroge déjà. Je m’explique : le sujet vaut le détour mais à l’heure d’écrire ces lignes, je n’ai pas vu le spectacle. Pour vous en parler, je n’ai à ma disposition que quelques critiques glanées ici et là sur internet et un volumineux dossier de presse... Voyons ça de plus près. Ça dit « théâtre documentaire décalé »… Kezako ?

La Grosse Situation

C’est un collectif porté par trois artistes : Alice Fahrenkrug, Bénédicte Chevallereau et Cécile Delhommeau. Un trio de « comédiennes, auteures, joueuses, bricoleuses du quotidien, raconteuses d’histoires, chanteuses d’occasion, accompagnatrice moyenne montagne, botaniste ». Accompagnées de tout un « vivier d’artistes », elles ont choisi de s’approprier divers langages du spectacle pour inventer leur propre style.

Creuser l’idée

Leur mode opératoire : l’immersion in vivo, partant d’un questionnement à large spectre. Des mois d’explorations et de rencontres à travers la France rurale, y compris celle d’Outre-mer, à la Réunion, pour confronter les idées reçues et les réalités, « afin d’avoir une vision plus complexe des enjeux », expliquent-elles.

« Notre travail se rapproche du docu-fiction »

Dans cette démarche d’investigation quasi-journalistique voire scientifique (on parle de « carottages »), le trio tire la matière dont il va modeler son spectacle. « Notre travail se rapproche du docu-fiction, dans le langage cinématographique ».

Soit. Pour ce qui est du documentaire, ça paraît clair : un dossier plein de promesses, un travail quasiment digne d’une thèse, une approche originale, intéressante, probablement engagée.

Bonne pioche ?

Mais nous parlons bien d’un spectacle vivant. Sur ce plan, le mystère persiste. Comment donc sera traité le sujet d’un point de vue scénique ? Fouillons encore ce touffu dossier.

La pièce (qui n’en est pas vraiment une au sens strict du terme) se compose de séquences, où les comédiennes incarnent différents « personnages » rencontrés sur le terrain. La mise en scène comporte des adresses directes au public, sur le principe de la « mise en situation ». De cette façon le trio nous fait vivre une assemblée générale de la ZAD, un diagnostic agricole sur Cilaos, ou encore une réunion de chefs indiens, ou un repas de famille…

Bien. Je reste perplexe. Bon sang, qu’est ce que tout ça peut bien donner, en live ? Amis terriens, mangeurs de soupe à l’ortie ou de côte à l’os, je vais vous dire. La seule façon de le savoir, c’est d’aller voir.

Lalou