Bibliothèque

Sous les lunettes de Zerbinette

L’alliance des trois

Ah ! Tu sais que je n’aime pas ça ! Ne pas terminer un livre, ça me traumatise. Ça doit avoir un rapport avec le "Finis ta soupe" de ma prime jeunesse. Faudra que je creuse ça sur un divan. Bref.

J’allais commencer La critique de la raison pure et puis je me suis dit ben non tiens ! Prends plutôt Maxime Chattam. Ça c’est l’attrait de la couverture en relief avec les grosses lettres dorées. Girly à fond les ballons ta Zerbinette. On ne se refait pas. À quand les paillettes sur Ulysse de Joyce, ou les dorures moirées sur l’œuvre intégrale de Sartre, je te le demande ?

Je suis donc repartie avec mon Maxime Chattam sous le bras non sans écarter légèrement les deltoïdes. Porter du Chattam, à défaut d’être nourrissant, c’est flatteur pour la silhouette. Et puis je suis allée à la plage, histoire de cumuler tous les clichés de l’extase : le sable frais, le bon bouquin, le café crème. Deux eunuques agitant des plumeaux pourpres eurent agréablement complété le tableau. Je me suis contentée de mes gosses qui faisaient très bien le travail avec le journal du jour.

Et j’ai croqué dans mon Chattam avec la sensation d’ouvrir un menu MacDo. On sait parfaitement à quoi s’attendre en mordant dans son Big Mac, et pourtant, on se fait encore avoir. On cherche vainement à déceler du goût dans la viande insipide, comme si de la vache aux hormones dépressive pouvait soudainement dégager un goût de magret de canard élevé sous la mère.

Le chapitre 4 a eu raison de mon entrain. Je ne sais pas ce qui m’a le plus éreintée entre l’onomastique : "Grosminable", "Tortutoxic", ou les comparaisons : "son corps courbatu comme s’il avait couru un marathon". Au fait, je ne te l’ai pas dit, mais ça raconte l’histoire de trois ados qui vont être confrontés à la pire tempête de leur vie. Voilà. Quelques fois que ça te donnerait envie de poursuivre. Tu me raconteras !

L’alliance des trois de Maxime Chattam, 483 p., éditions Albin Michel.