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Sous les lunettes de Zerbinette

L’anneau de Moebius

Le problème avec les thrillers de Thilliez, c’est qu’on a du mal à leur résister longtemps.

Dès les premiers chapitres, on mord à l’hameçon comme des sardines affamées, et très vite, les voix des enfants, les impératifs professionnels et familiaux se perdent dans un brouillard confus, dont on ne s’extirpe que pour crier chaque quart d’heure : "Oui chéri j’arrive... Tout de suite... Juste une minute". Une fois le temps fatidique écoulé, l’action a encore franchi un cap, et c’est la mort dans l’âme qu’on referme le bouquin pour enfourner le rôti. Béni soit le mécène qui inventera la casquette à larges bords pour lire sous la douche. Bref.

Stéphane est un artiste tourmenté au sombre passé qui fabrique des monstres pour les studios de cinema. Un jour, il découvre avec stupeur que ses cauchemars semblent prémonitoires et se surprend à penser qu’il peut éviter le pire en réécrivant le passé.

Vic est un jeune flic ambitieux dont la première enquête s’avère aussi insoutenable qu’inextricable : une jeune femme vient d’être torturée à mort et mutilée par un monstre obsédé par les maladies congénitales.

Les chemins de ces deux hommes vont se croiser, dans un ballet effroyable et tu risques bien la luxation de neurone à essayer de comprendre ce qui les unit. Bonne chance, et surtout, bon courage cher lecteur. Je n’ai pas toujours tout compris, mais j’ai bien tremblé.

L’anneau de Moebius de Franck Thilliez, 540 p., éditions Le Passage.