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L’Eclate totale

Objectif Mars pour dix jours d’exubérance artistique au Téat Champ Fleuri.

Donc, tu as trouvé un enfant. Dans ta poche, le pass à 15 euros, pour voir les trois spectacles journaliers au menu. Et maintenant, l’embarras du choix. Respire, et suis-moi.

D’abord, les incontournables. À savoir, côté gratuit, les jeux lontan pour patienter entre les spectacles, la bibliothèque éphémère et ses hôtesses merveilleusement patientes, les affolantes dégustations de chocolats mascarins et le mythique photoshow, mieux que le pola de Disneyland. Déjà, c’est bien.

Mais ce qui t’intéresse soyons clairs, ce sont les nouveautés. Je ne vais pas tergiverser, la star de la saison, c’est sans doute Jamie Adkins, et son Circus Incognitus. Imagine-toi un clown muet qui serait la réincarnation de Charlie Chaplin et de Buster Keaton, inspiré (de son propre aveu) par Bugs Bunny. Quoi de neuf docteur ?

Eh bien sur scène déjà, oublie les flonflons et la piste aux étoiles. Une vieille malle, deux échelles, quelques balles blanches, un chapeau de feutre. Et, en musique de fond, le poignant piano qui prend aux tripes.

Ensuite, Adkins paraît et les objets s’animent. Sa grâce surprend. Sa précision subjugue. Il est le dieu des petits riens. Ses prouesses tiennent à un bout de ficelle. Comme chez les plus grands, la difficulté technique disparaît derrière la facétie des mimiques. Ancien trublion du cirque du soleil, Adkins a délaissé les superproductions pour un spectacle intimiste. Tu y retrouveras l’essence brute d’un cirque funambule débarrassé des scories commerciales. Bref génial.

Côté Toto local, c’est bien aussi. De la BD concert plutôt atypique. Voilà le topo : le dessinateur Fred Theys et le musicien Mounawar sont sur un plateau. Personne ne tombe à l’eau. À part les clichés racistes et xénophobes. Rêves d’ailleurs, c’est cinquante minutes pour gratter le papier, la guitare et les consciences autour des questions de l’émigration et des inégalités. Ludique et thérapeutique. Bref, fantastique.

Finissons par deux cerises sur le plateau. Jamais vu de théâtre d’impro ? Laisse tomber les moutons et Dessine-moi un conte. Avec la compagnie La Bagasse, ton rejeton va fabriquer une histoire en direct, encadré par les zozos des mardis de l’impro. À moins qu’il ne préfère le conte schizo En attendant Dodo, la création acide et hilarante de Sergio Grondin, jouée par la Compagnie Karambolaz.

Et pour terminer, une confidence. Si comme moi tu associais le nom de ce festival au personnage des blagues idiotes racontées par les moins de six ans entre deux carambars, revois ton swahili. En Bantou, « Toto » veut dire « enfant ». Sans blague.

Zerbinette