Bibliothèque

Sous les lunettes de Zerbinette

L’éveil de mademoiselle Prim

À mi chemin entre Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates et Jane Eyre, ce roman espagnol est une bonne petite trouvaille.

Mademoiselle Prim est une trentenaire célibataire bardée de diplômes littéraires inutilisés. Longtemps secrétaire, elle décide de répondre à une annonce plus à même de satisfaire ses goûts d’esthète. A Saint Irénée, petit village d’érudits abritant une communauté d’humanistes, un mystérieux gentleman cherche une bibliothécaire "dépourvue de diplômes de l’enseignement supérieur" Contre toute attente, elle obtient le poste. La voilà qui pénètre alors dans ce microcosme hors du temps, d’où les valeurs du monde moderne ont été banies. Et qui découvre non dans heurts les singularités spirituelles de son nouveau patron.

Roman initiatique, L’éveil de mademoiselle Prim est un ouvrage érudit et délicieux, qui offre une réflexion subtile sur l’éducation et les savoirs, et ressuscitera ta passion enfouie pour l’antiquité et les langues mortes. Même si la fin est attendue, les échanges y sont vifs piquants, et la lecture est agréable. Et puis petit lecteur moqueur, un roman qui finit bien, ça ne fait pas de mal non plus... À offrir sans hésiter.

L’éveil de mademoiselle Prim de Natalia Sanmartin Fenollera, 349 p., éditions Grasset.