Actu

La Buse de Rock est bon pour la santé

Le festival Rock à la Buse, né les pieds dans le sable de la ravine éponyme, a réussi son transfert sur le béton de la Cité. Et fête par la même occasion sa onzième édition, ce qui en fait mine de rien un des vétérans des festivals péï.

Boyz bann

So Watts, c’est le sixpack de bougs dans le vent qui fait twerker la capitale des DOM depuis deux ans. Aux Électropicales, (...) +++

Du coup, on tient cette fois la réponse à la lancinante question des Garçons Bouchers « La bière, qu’est-ce qu’elle a fait de moi la bière ? » : ben ça conserve, mon gars.

Même le moins perspicace d’entre vous l’aura compris, on parle de rock. Ce qui, vous le savez aussi, veut tout et rien dire. D’ailleurs, les frontières stylistiques comme géographiques, la bande du Rock à la Buse s’en fout pas mal et, tout en défendant la création réunionnaise d’obédiences diverses, œuvre ardemment à la connexion avec des rivages plus ou moins lointains comme en atteste la dernière compilation Maudit Tangue en date (Australie, Afrique du Sud, Inde, Madagascar…).

Ils enfoncent donc le clou avec cette nouvelle mouture. Côté Réunion, ce sont KilKil et les Tukatukas qui officieront. « Tropical synth free punk » pour l’un (bim !), punk rock méchamment efficace pour l’autre (bam !), tous deux portés par des frontwomen aguerries. Un pas de côté vers la Grande Ile avec le retour de la sensation The Dizzy Brains from downtown Tana. Encore plus à l’ouest, le power trio féminin de Pretoria, Cortina Whiplash , avec sa charismatique chanteuse-bassiste Loandi, revient faire fondre les velus. Qui en redemandent.

T’en veux de l’exotique ? Tiens, voilà les Wanton Bishops qui, depuis Beyrouth, viennent nous servir leur blues-rock-garage orientalisé avant une belle tournée en France et dans le Monde autour. On les aurait aimés en formule trio pour pouvoir les appeler les Wanton Three, tant pis… Tête d’affiche s’il en est, attendus depuis belle lurette en terre réunionnaise, les parisiens de Frustration réussissent l’exploit de recueillir les louanges des punks à chiens de rondavelle et des plus hautes instances du Séchoir, ce qui couvre globalement tout le spectre de l’élégance contemporaine. Ça sent bon les 80’s, post punk et synthétique, avec comme une urgence de ne pas se prendre au sérieux. Immanquable, évidemment. Voilà pour le son.

Pour l’image, c’est la fidèle équipe du Cri du Margouillat qui s’y colle, avec une formule « concert dessiné » qui fait ses preuves depuis plusieurs éditions. C’est simple : pendant qu’un groupe joue, un ou plusieurs dessinateurs interviennent en direct, le tout diffusé sur grand écran en fond de scène. On a le souvenir de belles passes d’arme, comme Tanquerelle / The Slash Dogs, pour ne citer que ceux-là.

Dans la foisonnante offre culturelle du week-end, pas sûr que l’alchimie rock et BD à la Cité des Arts soit la moins propice aux belles découvertes…

Mike


S’il vous faut des raisons supplémentaires de venir traîner vos converses à la Cité des Arts les 10 et 11 mars, en voilà deux, ni plus ni moins :

Vendredi 10 mars à 19h, vernissage de la 2ème édition de l’expo ROCK & BD. Piloté par le dessinateur Hippolyte, le projet avait pour intention d’éclater les codes de l’affiche rock, et de fantasmer des affiches de concerts mythiques qui n’ont jamais eu lieu, mais qui auraient pu exister à La Réunion. Gros succès amplement mérité l’année dernière, et c’est reparti avec de nouvelles affiches et de nouveaux auteurs.

Samedi 11 mars de 13h à 18h, le Cri du Margouillat – encore eux – organise le Marg Bazar, grande braderie gratuite de BD et vinyles. L’occas de dénicher la perle rare, de vider son grenier, ou au pire de boire un verre en attendant le début des concerts.