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Sous les lunettes de Zerbinette

Le trône de fer, tome 1

Je sais ce que tu vas me dire. Dis donc la Zerbinette, prendre un mois de vacances pour finalement nous sortir de ta serviette de plage un volume paru il y a dix ans et déjà visionné en série par 97 pour cent de la population mondiale, c’est du foutage de gueule en règle.

Pas faux lecteur adoré, mais tout de même, soigne ton langage je te prie. Au moins par respect pour mon copain Valy, que je nomme impunément ici, et qui m’a patiemment recommandé l’ouvrage un an plus tôt. Et puis sache que lire GOT 1, c’est vintage. Donc c’est in. Indémodable, indescriptible et imputrescible. "GOT save the queen !" aurais-je envie de hurler à tous les sceptiques qui rechignent à se lancer. Moi qui n’ai jamais fini Le Seigneur des anneaux, terrassée dès les premières pages par la pesanteur de la presque biblique généalogie...

Alors, pourquoi aduler ce bouquin, alors que jamais je n’avais daigné tremper un orteil dans les eaux sombres de l’heroic fantasy ?

D’abord la langue. Le George a du bagout médiéval en réserve et crois moi il ne fait pas semblant. Exhumant des grimoires le lexique d’autrefois, ses descriptions sont haletantes et truculentes et l’on se régale de ses mots. Ensuite l’action. Il y a de l’Alexandre Dumas dans cette aventure bondissant de péripéties en intrigues. Un lacet inextricable qui promène plus qu’il ne dénoue. Enfin les personnages. Toute une comédie humaine battue par la soif des appétits. Empoisonnements, bassesses et trahisons, c’est la lignée des Médicis au temps des dragons.

Dans les temps obscurs et reculés de la chevalerie, Lord Eddard Stark, sire de noble lignée, est appelé à un brillant avenir. Il est nommé "main du roi Robert", et se doit de l’aider à maintenir la paix dans un royaume tiraillé par les luttes d’influence. Mais voilà, le roi Robert est marié à Cirsei, reine issue de la famille Lannister, connue pour sa soif de pouvoir. Lorsque son fils Bran est agressé, les soupçons d’Eddard l’amènent à douter de la loyauté de la famille qu’il sert. Le ver est dans le fruit et les suppositions vont bon train, jusqu’à l’ultime trahison. Du coup tu penses bien, j’étais obligée d’attaquer le tome 2...

Le trône de fer, tome 1 de George R.R. Martin, 381 p., éditions Flammarion.

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