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Sous les lunettes de Zerbinette

Les invasions quotidiennes

Un roman qui, parce qu’il échoue à être banal se révèle tout à fait réjouissant.

Lorsqu’une agrégée de philosophie normalienne de surcroît s’attaque à la littérature de comptoir pour tenter de nous écrire un roman léger sur les galères d’une mère célibataire tourmentée par les invasions quotidiennes, il y a de fortes chances pour que le projet capote. C’est le cas pour le roman qui échoue à l’épreuve de l"inconsistance.

Pour notre plus grand bonheur. Incapable de futilité chronique ( que ne lis-tu mon blog chère Mazarine), la narratrice truffe donc son roman de références philosophiques, en référant à Kant pour ses problèmes de poux et de lave vaisselle. Et si tous les clichés y sont : la mère délétère, l’ex mari tyrannique et défaillant, les galères financières et les problèmes capillaires, l’écriture sublime tout, et la banalité de la trame subit les brillants revers d’un esprit caustique et pragmatique nous éclaire contre son gré.

Les invasions quotidiennes de Mazarine Pingeot, 238 p., éditions Julliard.