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Sous les lunettes de Zerbinette

Les morues

C’est pourtant avec un réel engouement que je m’étais procuré ce roman, d’abord parce que la gouaille insolente de Titiou Lecoq, dans son blog Girls and geeks me réjouit au plus haut point, et ensuite parce que cette première publication a obtenu le prix des lecteurs en 2013, tout de même.

Et finalement, je n’ai pas été du tout conquise. Pourtant, ça commençait bien ! Les morues, ces trois féministes de comptoir devisant au bar sur leurs infortunes sentimentales, professionnelles ou amicales m’ont aussitôt plongée dans l’ambiance des séries américaines cultes (Friends, How I met your mother).

Le roman débute par le suicide de Charlotte, pilier du groupe. Ema, sa meilleure amie, persuadée qu’il s’agit d’un meurtre, mène l’enquête... Certes, le récit est intelligent, bien construit, extrêmement réaliste, pertinent... Mais pour te dire la vérité, j’ai rapidement développé une certaine antipathie pour le personnage principal d’Ema, caricature de la parisienne prétentieuse et nombriliste dont les préoccupations profondes (mon « plan cul » acceptera-t-il de continuer à me sodomiser sauvagement sur la cuvette des chiottes si j’accepte de vivre en couple avec lui), m’ont paru aussi naïves que réductrices. Et comme la plupart des questionnements des morues sont à l’avenant (puis-je cuisiner un gigot à mon amant sans être une femme soumise), tu comprendras, cher lecteur, que je me sois lassée.

Reflet d’une époque et d’un certain monde, Les morues nous refusent cette portée universelle qui sont l’apanage des plus belles lectures.

Les morues de Titiou Lecoq, 404 p., éditions Au Diable Vauvert.