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La Fugue

Les oiseaux de passage

Ils ont la fugue dans les idées et choisissent le sentier marron pour construire leur chemin de vie. Ces oiseaux-là ne veulent pas brasser l’air, au contraire, battre de leurs propres ailes, fouler d’autres terres, scruter d’autres horizons. Ils prennent le risque de voler loin des leurs, de prendre de la distance pour regarder d’en haut, de plus loin, out of the box. Leur quête : persister dans leur être en disparaissant, à l’instar de ceux qui restent.

La Cie Lolita Monga questionne aujourd’hui, dans le 2ème opus de la saga ces figures contemporaines du maronaz, qui pour se rapprocher d’eux même abandonnent leur environnement social, familial, professionnel, culturel...quittant soudainement leur zone d’inconfort.

Ils migrent d’une oasis à l’autre pour bâtir leur propre nid, se détachent des oppressions d’un système servile et prennent la route loin de la dureté du béton quotidien pour devenir ce qu’ils sont. Ils doivent quitter ce qu’ils étaient, troquer leur passé pour leur futur « présent », alors ce n’est pas une fuite, de la lâcheté ou un manque de cran non, c’est un choix en pleine conscience, une fugue motivée, sans valises, empli d’espoir et de projets.

Décider de ne plus survivre pour exister vraiment. Il faut du courage pour disparaitre, prendre corps en soi, rassembler ses forces, éloigner les doutes pour se volatiliser et ne pas se dissoudre. Ne pas esquiver mais affronter le monde tel qu’il est. Trouver sa place, retrouver avec souffle sa voix/e dans la fragilité qui anime nos existences humaines. Face au vent, disparaitre pour se reconstruire en quête de sens, de sérénité ou d’une terre d’accueil.

Voyage au-delà des frontières de la communication

Cette pièce est une fugue musicale, d’échos en éclats de voix. Si la géographie les éloigne, si la communication est rompue, les témoignages rapprochent ceux qui sont partis de ceux qui restent -entre eux-. Au sein d’une association ces membres « restants » amputés d’un des leurs poursuivent les recherches, tentent de conserver l’énergie et l’espoir, mêlent leurs paroles et s’interrogent à vos côtés sur la notion de « liberté ». Dans l’intimité de cette salle (refuge des âmes en laisse), on partage les peines, les peurs, les colères, l’incompréhension, on cultive le souvenir, on poursuit avec rage le combat pour retrouver ces marrons modernes (audacieux-égoistes-déserteurs) qui ont remplacé par du vide la place qu’ils avaient. On se réunit autour de l’exil, pour apaiser l’absence pour avancer dans le deuil et pour comprendre la fugue ; ce rejet attractif tantôt fantasmé tantôt consommé. Car pour rester en vie ici, il a fallu également s’armer de force et affronter des événements contraires.

L’insularité pousse les frontières et insuffle le voyage. La fugue est un hymne à la puissance réconfortante du groupe, au pouvoir de réunion, c’est la force des abandonnés qui restent après la rupture. Une pièce attractive, déroutante et poétique bien ancrée sur son territoire, elle soulève une problématique universelle : qu’est-ce que la liberté ?

Elia.ajc


  • La Fugue
  • 13 oct. 20h | St-Paul | Lespas | 12-15€
  • 27 oct. 20h | St-Pierre | Théâtre Lucet Langenier | 6-10€
  • 3 nov. 18h30 | Le Tampon | Théâtre Luc Donat | 5-12€

DETAILS DES REPRESENTATIONS ICI