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Sous les lunettes de Zerbinette

Mauvaise étoile

Je te le dis tout de suite mon petit lecteur, c’est un excellent roman noir. Satisfait ou remboursé comme dirait l’autre. Garanti pièces et main d’œuvre par ta Zerbinette. L’essayer, c’est l’adopter. Bon. Je vois qu’il t’en faut plus. Alors voici.

J’avais déjà été séduite par Vendetta, un roman sur la mafia qui alliait la qualité d’une écriture à l’épaisseur des personnages, le tout dans une intrigue haletante. Et bien ce roman est encore meilleur.

Nous sommes au fin fond du Texas dans les années soixante. Elliot et Clarence sont demi-frères. Leur mère est assassinée, et les voilà confiés à différents foyers d’accueil où de déboires en larcins, ils atterrissent en maison de correction. Comme si cela ne suffisait pas, ils croisent le chemin d’Earl Sheridan, un psychopathe terrifiant qui les prend en otage. Le périple de l’enfer commence. De stations services en fast food, Earl pille et assassine sauvagement sous les yeux des deux gosses toujours prisonniers. Ça sent la nappe à carreaux et le Thermos de café. Le vieux Jude box dans un coin et la serveuse à choucroute. Comme si j’y étais. Une telle puissance évocatrice, c’est réjouissant.

Tout roule pour Earl, Jusqu’à ce qu’un braquage tourne mal. La fratrie est séparée et une nouvelle histoire se joue. Insidieusement, le poison propage ses dangereuses effluves. La tension psychologique s’accroît à mesure que l’espoir diminue. On croit deviner la suite, l’auteur nous jette par dessus bord. Dans la poussière des routes du sud, on perd son souffle. La course poursuite nous épuise et nous révolte. Les horreurs s’accumulent. L’angoisse culmine. Et la fin nous éblouit. Du grand road book qui deviendrait un puissant road movie...

Mauvaise étoile de R.J. Ellory, 535 p., éditions Sonatine.