Bibliothèque

Sous les lunettes de Zerbinette

My name is Billie Holiday

Voilà une bonne surprise de rentrée. C’est vrai, j’ai un petit faible pour le blues, les années soixante, et toutes ces fictions à friction, qui remontent le cours de grands destins brisés.

Et puis le parcours de l’auteur m’a intriguée. Chanteuse, actrice, et écrivain. Beaucoup de cerises sur ce gâteau. Il fallait que je goûte. Les premières lignes m’ont conquise. L’écriture est fine, subtile, inattendue, intelligente.

Sarah est une jeune fille malheureuse, prisonnière d’un couple parental étouffant de factice perfection. Dans sa maison témoin, elle crève des non dits qui ne masquent plus la pesanteur du secret.

Wilfred Remington est un jeune homme rangé. Jusqu’à ce qu’il s’engouffre dans un vortex, le jour de sa rencontre avec Billie Holiday. La talentueuse beauté l’envenime, mais à son contact, tout se fane.

Au fil du récit, l’histoire de Sarah rejoint enfin celle de son père Wilfred. Les failles se repèrent et se répètent sans se combler et les existences se délitent comme il se doit. C’est brillamment construit et touchant. Dommage que la chute soit si consensuelle.

Une bonne lecture cependant qui te donnera envie de ressortir tes vinyles un jour de pluie.

My name is Billie Holiday de Viktor Lazio, 177 p., éditions Albin Michel.