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Lecture musicale | 15 avril | 20h | La Cité des Arts - Le Fanal | 6-12€

Nevché - Shooting stars

Ne vous laissez pas tromper par la catégorie « lecture musicale » souvent associée à un truc pour marmailles. Shooting Stars de Nevché - Frédéric Nevchehirlian de son vrai patronyme - est une singulière création entre concert littéraire, lecture musicale ou poème rock.

Passant spontanément du slam à la chanson, Nevché s’appuie sur des extraits de carnets intimes de deux stars - Marilyn Monroe et de Kurt Cobain ; ayant évidemment vécu à des époques bien différentes - pour créer un dialogue fantasmé entre ces deux icônes sacrifiées du XXe siècle. On y entend le désir et l’angoisse, la condition artistique et féminine, l’addiction et l’injustice, le succès et le suicide.


On reconnait d’abord sans efforts qui de Kurt ou de Marilyn s’exprime, chacun de son côté, par la bouche de Nevche. Puis, peu à peu, entre interludes musicaux - rock nineties ou fifties - et texte lu - façon slam tranquille ou chanson française -, l’on ne sait plus très bien de qui sont les textes, de plus en plus sombres, angoissés et malheureux. La mise en scène, qui reste tout de même épurée, sert joliment ce propos, sans esbroufe ni facilités. Porté par une musique inspirée, avec notamment le thème de guitare du Lithium de Nirvana, Nevché nous éloigne des clichés de la blonde platine décérébrée et du junkie fébrile et nihiliste.

Non seulement l’artiste, et ses deux sidemen qui l’accompagnent élégamment, bouscule le format classique du concert - avec aussi de vrais morceaux composés pour l’occasion - ; mais en faisant vibrer, se répondre et s’entremêler les pages intimes de Kurt et Marilyn - les parallèles entre leurs destins tragiques sont nombreux - Nevché nous permet d’aller au-delà des apparences. Il y a des jours où l’on est content de n’avoir jamais été ni beau, ni riche, ni célèbre !

Une très belle création, équilibrée et par moment saisissante, à ne pas rater.



1ère partie : jim fortuné

Le choix de Jim Fortuné et son flamboyant « sambaloya » pour jouer la première partie du concert est une idée riche et judicieuse. Racontant son île avec humour et poésie, il nous plonge dans un univers inconnu et pourtant familier, un univers empreint de la nostalgie du « temps lontan ».

Posant ses textes en créole et français sur des morceaux accoustiques où les sonorités latines et bossa sinsinuent dans un folk-maloya, Jim ne se prendre pas au sérieux. Avec sa guitare Magguie et ses textes à l’humour féroce, il invite le public à la dégustation d’une madeleine de Proust qui sent bon le grand air, les montagnes, les cavales et l’amitié.

Ses ballades et « romans » convoquent, comme Nevché avec Monroe et Cobain, des grands personnages d’ici - Célimène Gaudieux, Auguste Lacaussade, etc.. - et témoignent elles aussi d’une histoire et d’une mémoire.