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No prise de choux

Vous croyiez la grande époque de la chanson festive révolue ? Vous aviez raison. Mais les larrons des Yeux d’la Tête n’ont pas eu le mémo. Tant mieux.

On s’en souvient, le début des années 2000 tremblait moins pour son fameux bug (qui a plutôt fait pshhht !) que par la déferlante de ce qu’on appelait alors La Nouvelle Scène Française : des groupes aux noms rigolos (La Rue Kétanou, Les Amis d’ta femme, Les Wriggles…) et référencés (Les Croquants, Les Blérots de R.A.V.E.L, Les Hurlements de Léo…) se revendiquaient de la trinité Brel-Brassens-Ferré et des bals musettes pour alterner chansons cons et chansons engagées avec force accordéon, cuivres et 8.6.

Parce que les oreilles ont besoin de nouvelles expériences et qu’il faut bien devenir adulte, les années 2010 sifflaient la fin du phénomène qui autorisait les dreads sur les têtes de zoreil et les sarouels en dehors de chez soi, ne lâchant plus qu’un ou deux rejetons (coucou Zoufris Maracas) d’une famille musicale qui avait pour habitude d’en pondre treize à la douzaine. On connaît la chanson

Danser sur les Toits, le premier album des Yeux d’la Tête est sorti en 2010, manquant d’un rien le coche qui aurait pu les placer sous les projos des babos de la génération Y avant l’avènement de l’électro-swing. Qu’importe. Benoît Savard et Guillaume Jousselin, les fondateurs-chanteurs de LYDLT, batifolent depuis dix ans dans la chanson festive comme Georges Tron au salon de la pédicure. Ils connaissent par cœur les codes du swing, du jazz manouche et enfoncent les portes ouvertes par les copains dont ils font la première partie (Les Ogres de Barback, Sanseverino…), retraçant le classique rue/métro/bistrots avant d’enflammer les scènes par leurs shows survoltés.

Ils scandent des chansons libertaires, s’amourachent de femmes infidèles, trouvent injuste l’injustice. On connaît le refrain par cœur mais, quand c’est fait comme ici dans les règles de l’art, il n’en reste pas moins diablement efficace.

Camicii