Coup de coeur

On y était (et même vachement nombreux) : FLOX

Si la ronda Ti Roule fait le plein le dimanche au sunset en favorisant l’expression d’une musique péï dans son éclectisme, il semblerait bien que tous les records de fréquentation aient été battus dimanche soir.

Ce n’était plus qu’un secret de Polichinelle, ce fameux concert surprise : 9 ans après son passage au Sakifo de l’ère Saint-Leusienne, Flox himself, programmé vendredi au Kaloo Bang, revenait enflammer le Kartié 3 Lèt.

Soit… Ma période reggae reléguée dans les méandres enfumés d’un passé lointain, nostalgique de ces pépites roots de l’âge d’or jamaïcain tant de fois réchauffées depuis par des stars vieillissantes préférant le synthé à la section de cuivres et les rengaines rastafariennes à la verve militante, je me décide néanmoins à rejoindre le fanclub, invoquant the Lord of Lords que la sauce ne vire pas au dance hall. Au pire, le coucher de soleil de chez Ti Roule ne déçoit jamais.

Le verdict ? Au total, plus de 2 heures d’un set rôdé et généreux servi par un visuel soigné et un plaisir à jouer largement communicatif. Sous le bonnet de Flox, point de recette éculée. Avec son nu reggae, le franco anglais bouscule les codes du genre, maillant subtilement les motifs roots aux sonorités 2.0.

D’un côté une rythmique impeccable avec un duo basse-batterie tout en riddims racoleurs et les « cotcots » caractéristiques de la guitare, de l’autre un nappage électroïde distillé par un clavier inventif et des samples sans frontières. La voix, soulignée par un contrechant plutôt hip hop, s’inscrit dans la tradition mélodique du reggae autant qu’elle rappelle le spoken words d’un LKJ.

Le tout sert des textes à la fois intimes et discrètement engagés, au message résolument positif. Et l’ensemble infuse une énergie à laquelle il serait dommage de résister. Je ne résiste pas, notamment quand en cours de set vient s’inviter une section de cuivres déjantée par vidéoprojecteur interposé, démontrant là encore une jolie maîtrise de la scène.

Portée par l’engouement général, la Flox team ne s’arrête plus et nous fait le plaisir d’un copieux rappel aux confins du dub et de l’électrogroove. Sous un nuage de fumée, le public exulte. Le soleil est couché depuis longtemps. Les fûts sont vides. Je ne regrette pas d’être passée.

Reste à découvrir le quatrième album, Homegrown, sorti fin 2015. Ou de chausser des baskets et foncer vendredi 30/09 au le Dekalage Orere kabar mafate festival, qui succède au mythique Mizik à Pat. Il paraît que la Flox team y sera. Avis aux amateurs...

KB