On y était

On y était Francos (épisode 3/3)

Troisième et dernière journée. Vous êtes fatigués ? On n’est pas fatigués… J’arrive tôt et en profite pour aller faire un tour à la rencontre des gens qui travaillent depuis des jours voire des mois, sur ce festival. Le site est encore fermé au public. Voyons qui se trouve là.

EPISODE 3 : DIMANCHE 11 MARS

Les miss « cashless »
J’avoue avoir un gros petit doute sur l’intérêt du fameux cashless. Pour les organisateurs, je comprends le truc (entre autre, ça limite la circulation de l’argent aux différents stands et ça incite les festivaliers à "consommer" tout l’argent mis à l’avance) mais pour les festivaliers, c’est surtout une queue de plus à faire... avant de recommencer aux différents stands de bouffe ou boissons. Reste que les filles qui s’occupent de créditer nos petits bracelets se montrent efficaces, rapides et restent toujours très sympas avec chaque nouvel arrivant. Vu l’empressement de certains, c’est un petit exploit.

Détour au poste de secours.
Topo de Jean Philippe Francomme, vice président de l’ASAP, association agréée « sécurité civile », sous contrôle de la préfecture. Effectif : 15 personnes employées pour tout le festival (8 secouristes, 3 « prévention incendie », un médecin, 2 ambulanciers. En deux jours, ils sont intervenus 17 fois. Ouf, pas de gros bobo. Vous en avez sûrement croisé un ou deux avec un gros sac sur le dos, circulant sur le site : les kits de soins pèsent de 8 à 19 kg !

Les guerrières, Sarah et Clara, chargées de l’aménagement du site.
Jusqu’à 12 personnes sont mobilisées pour placer les barrières, les banderoles, la signalétique et tout le bazar.

Les bénévoles de l’association AINA Enfance et Avenir
Ils distribuent à l’entrée du festival de précieux bouchons d’oreilles. Et ajoutent, sans pourtant qu’on se sente obligés : « Si t’aimes le son, fais un don ». Derrière cette opé, l’objectif est d’aider 300 gamins Malgaches et leurs mamans à sortir de la rue, où à entretenir un orphelinat, ou une des 4 écoles maternelles solidaires soutenues par l’asso. Pour plus d’infos, allez voir leur page facebook

Stop au poste de sécurité
Topo de Mikaël Indiana, gérant de la société « COSP Sécurité » qui travaille depuis 8 ans avec le Sakifo Festival. Au total sont mobilisés 47 agents et déployés sur tout le site (+ 4 chiens qui circulent dans des couloirs spécifiques autour du site. On ne les voit pas, ils ne sont pas au contact du public).

Etat d’urgence oblige, on doit forcément en passer par des palpations à l’entrée (15 a 20s minimum par personne) et par le détecteur de métaux si nécessaire ! gloups… c’est le protocole…

Pour organiser tout cela, le travail commence 2 à 3 mois avant le début du festival. La préparation des agents sur le site commence 1 mois avant. Les agents demandent en général à être là. L’ambiance semble plutôt bonne. « C’est vissé, chacun fait son boulot ». Le monsieur m’explique qu’il voudrait s’éloigner de cette image « sécurité gros bras qui sont là pour vous taper sur la gueule ».

Pour l’anecdote : « les deux interventions en tout et pour tout qu’on a faites jusque-là, c’était des querelles d’amoureux ». Peace and love, donc. Gare, cependant : lo rhum la pas bon mem.

Et puis une petite légende festivalière : après le dernier concert, les agents défilent en T-shirts mouillés. ça me ferait bien marrer si c’était vrai.

Les collègues du soir
Pour pouvoir vous faire ces petits compte-rendus, nous avons dû demander aux organisateurs du festival un sésame que beaucoup nous envie : un "pass press". Grâce à lui, non seulement je peux assister gratuitement aux différents concerts (j’admets, j’adore mon boulot !) mais aussi me rendre dans les coulisses... où dans la fosse située juste entre la scène et les premiers rangs des spectateurs. C’est de là, et en général seulement lors des 2 ou 3 premiers morceaux, que nous pouvons prendre quelques photos pour illustrer nos articles. Ma petite taille est légèrement handicapante mais mes collègues de la presse quotidienne ou autre me laissent un peu d’espace. Bon, comme mon appareil photo était parfois en rade, vous m’excuserez pour la qualité finale des images. Mais bon, ce qui compte, c’est de vous retranscrire l’esprit...

Arrêt à la régie technique
Jean Pierre Tanjon (au centre sur la photo) explique : « cette régie est reliée aux deux scènes. Les techniciens du son ici se chargent de l’installation et des réglages de la sono et des systèmes de son, du mixage. Ils sont 4 : 1 à la régie « basse », 1 aux retours, 2 au plateau. Leur mission : retranscrire au mieux l’expression et l’émotion voulue par l’artiste, tout en assurant la meilleure qualité d’écoute possible ».

Pour ça, il faut 3 à 4 ans de formation. Après une dizaine d’années d’expérience, chacun s’est spécialisé (HF, secteur réseau numérique, pilotage en wifi etc). Sous les scènes, un réseau de câbles, de « routeurs » et autres objets tout à fait fascinants plein de fils et de boutons. On se croirait dans un film d’espions car non, il ne s’agit pas que d’enceintes et de projecteurs.

D’autres techniciens de Stage OI s’occupent des structures, de l’éclairage, de la video… Ces gens ne sont pas sous les feux de la rampe parce que justement, ce sont eux qui la tiennent, la rampe. Ces métiers mériteraient d’être mis en lumière parce qu’ils participent du spectacle, concrètement, dans toutes ses étapes et dans toutes ses dimensions.


Pour ce 3ème jour de festival, et parce que je suis un peu claquée, je vous dispense de mes observations et me contente de vous filer quelques images des derniers concerts : Zarlor Nout Péi, Amadou et Mariam, Lo’Jo et Bernard Lavilliers. Non, de rien, ne me remerciez pas de si peu. Restons Francos !