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Ousanousava ? Dann fitir !

Après un double album sorti cet hiver, les compères d’Ousanousava jouent la carte de la modernité avec un clip en 360°.

Immortel et Sens dessus dessous, les deux dernières galettes d’Ousanousava présentent une singulière distinction, la première est en créole, la seconde en français, prenant le risque de la division nette de leur public.

« Ce n’est pas la motivation première, se défend Bernard Joron, le leader du groupe mythique. Le public zoreil devrait sûrement plus accrocher aux chansons françaises mais on fait confiance au public créole pour être touché par toutes les chansons, parce qu’on a gardé notre façon de faire et notre âme quelle que soit la langue. »

Un clip reprendra le titre phare de chaque tracklist, si celui de Tony devrait sortir à la fin de l’année, Immortel est en ligne depuis le 31 août et s’inscrit dans un très chouette mix de modernité et de tradition. Ainsi, une caméra 360° à la pointe de la technologie sert filme un barbecue festif où l’on joue et danse en toute allégresse dans des sites naturels dans le folklore des pique-niques conviviaux péis — break dancers et autres acrobates en sus.

Le discours, avec son refrain récurrent « A koz mwin lé pa éternel ? A koz mwin lé pa immortel ? », capte parfaitement les enjeux transhumanistes de la Silicon Valley où technologies et médecines se font triturer dans tous les sens pour abolir la mort, rien que ça. Cela dit, dans son dernier couplet, Joron met en garde contre un tel avenir :
Si na pi la mort, na pi la maladie,
Fau pi fé zenfans, person i vieyi pi,
A tou jamai sra lo mem moun si la ter

En interview, l’auteur précise : « Cette technologie ou cette médecine seront sûrement réservées à une élite. On aurait certainement droit à des individus pas recommandables qui traverseront les siècles. »

Cela dit, le groupe se fait pionnier technologique, s’inscrivant dans l’air du temps pour générer du clic avec un dispositif somme toute plutôt sympathique.

« C’est involontaire mais indubitable, avec un spectateur qui choisit de regarder ce qu’il a envie de voir, la lecture du clip est différente à chaque fois.  »