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Sous les lunettes de Zerbinette

Le complexe d’Eden Bellwether

Comment ta Zerbinette, pour avoir mis tous ses œufs dans le même panier, se retrouva le bec dans l’eau et la plume à sec.

Ça m’apprendra. Oui mon petit lecteur, j’ai voulu t’ébaubir. Choisir le livre du mois au bluff sur la seule foi de sa renommée. Je me suis dit Zerbinette, si tu tapes dans le gratin, une fois n’est pas coutume, tu vas faire carton plein. Alors banco, on y va, avec Le complexe d’Eden Bellwether de Benjamin Wood, prix du roman Fnac 2014, encensé ubi et orbi, tu tiens le jackpot, cesse de tergiverser et avance tes billes.

Au début, j’avais une paire. Éden et Oscar. Le premier est un brillant étudiant persuadé qu’il détient le pouvoir de soigner ses semblables grâce aux émotions inconscientes réveillées par son orgue séculaire. Accompagné dans son délire narcissique par un petit groupe de fidèles, il se met en tête de guérir Herbert Crest, brillant professeur atteint d’une tumeur au cerveau. Le second est aide soignant. Fasciné lui aussi par le charisme d’Eden, Oscar, amoureux de sa sœur, intègre le cercle des élus.

Ça me donnait une couleur, celle des "paumés du petit matin", comme dirait l’ami Brel. Éden s’agite et le canular se met en place. À ce stade, ma curiosité brûlait. La victoire semblait proche. J’ai donc tourné les pages comme on attend la Suite. Royale de préférence. L’état d’Herbert s’améliorait. J’ai augmenté la mise. Benjamin Wood a brouillé les cartes. Certains personnages sont passés à l’as, j’ai fait tapis. Et lorsqu’il a abattu son jeu, je me suis dit que Si "un coup de dés jamais n’abolira le hasard", un coup de pub parfois abolit l’espoir. Au mal armé, le poker ne sourit pas.

Le Complexe d’Eden Bellwether de Benjamin Wood, 584 p., éditions Zulma.