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Sous les lunettes de Zerbinette

Remède mortel

Il fallait le voir s’excuser en préambule à son ouvrage le pauvre Coben et nous expliquer que, ce livre ayant été écrit il y a plus de vingt ans, il ne fallait pas le juger trop sévèrement.

Et bien moi je te le dis mon petit Harlan, si tu en as encore de la même trempe dans tes malles de jeunesse, fais toi plaisir, publie les !!! Parce que si j’avoue ne pas avoir été fan de Balle de match ou Faux rebond, ton Remède mortel m’a clouée au sommier pour la journée et une bonne partie de la nuit. Je me suis même surprise à respirer en apnée sur les quatre derniers chapitres.

Bref, cher lecteur tu l’auras compris, c’est un thriller idéal pour les crises de sciatique aiguës, les longues traversées en avion, et les interminables attentes dans les locaux administratifs.

Dans les années 80, le Sida fait rage. Stigmatisé comme la maladie honteuse des dépravés, le virus a mauvaise presse au sein de l’opinion publique et le docteur Riker, sur le point de découvrir le premier vaccin, peine à trouver des subventions. Alors qu’il pense avoir enfin atteint son but, ses patients en rémission sont sauvagement assassinés. Jusqu’à ce que son meilleur ami, le célèbre basketteur Michael Silverman, ne contracte le virus à son tour.

Des lors, Coben te tourne et te retourne sur le grill sans jamais venir à point, te promène en bateau dans les grandes largeurs, et te laisse étourdi par la chute, comme un bleu. Quelques coups de griffe bien sentis à l’égard du puritanisme américain et des lobbies ne gâchent rien au réalisme haletant du scénario. À lire et à offrir.

Remède mortel de Harlan Coben, 505 p., éditions Pocket.