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Rent’ dan’ Rond

Je vous en avais parlé la semaine dernière. Ce samedi, l’heure des finales va sonner. Focus sur le Battle of the Year, contest mondialement connu, et son étape réunionnaise.

Un peu d’histoire

Thomas Raymond, directeur de l’association Attitude, porteuse du projet “Battle of the Year France”, raconte l’aventure de ce qui est devenu un événement international, regroupant plus de trente pays.

Cette compétition de Break Dance existe depuis plus de vingt ans. A l’origine organisé par une structure allemande, « il s’agit d’abord d’un rassemblement « underground » de la communauté Hip Hop, mais c’est devenu une réelle compétition ». Le premier « Battle » a lieu à Hanovre en 1990, avec 9 crews européens et 400 spectateurs. Au fil des années, l’engouement et la qualité du show prennent de la vitesse. De nombreux groupes internationaux y participent, faisant toujours un plus grimper le niveau, pour se surpasser les uns les autres. « De plus en plus de jeunes se sont intéressés et impliqués dans l’événement ». A tel point qu’en 1997 sont introduites des qualifications régionales. En 1998, elles sont ouvertes à l’international. En 2000, ce sont 10000 spectateurs qui se pressent à Preussag Arena pour assister à ce spectacle unique.

Cette année-là, à Montpellier, l’association Attitude, qui œuvre pour le développement des pratiques issues des cultures urbaines, suit cette histoire de près. Elle se met alors en lien avec le porteur allemand de la manifestation, par le biais du graffeur Mod2. C’est ainsi qu’en 2001, Attitude met sur pied le BOTY France, étape nationale ouvrant aux breakdancers français des qualifications pour la compétition.

Crew contre crew

Samedi dernier, les participants se sont mesurés au Kabardock lors d’une épreuve au format « un contre un ». La victoire du « 1vs1 » revient chez les filles à Anne Laurie de « l’Ultimatum Crew », et chez les Bboy, à Jake Brigand, du crew « Cœur de rue ».

Ce samedi, les crews danseront au complet, pour présenter leurs chorégraphies. Six minutes maximum par proposition, que le jury évaluera en fonction des qualités de la création dansée et des figures réalisées. Les six meilleurs d’entre eux se rencontreront ensuite en battle.

Sept Crews feront le show. A la clef, un passeport pour les qualifications nationales, qui se dérouleront à Montpellier en mai, pour « met’ la Réunion en lèr », face aux meilleurs crews du pays. Le gagnant partira en novembre pour rencontrer les meilleures équipes internationales. (NDLR : la France est allée jusqu’en finale ces deux dernières années et a déjà remporté 5 titres mondiaux).

Et le sens dans tout ça ?

L’esprit du BOTY ne se borne pas à celui d’une simple compétition. Il s’agit de danse : l’aspect artistique et le message sont donc tout aussi importants que l’aspect technique des réalisations. De plus, « les facteurs d’interactivité et de participation, priment sur l’aspect compétitif de l’évènement. Le Bboying doit rester une forme de danse et ne pas devenir un sport extreme ».

Il y a aussi et surtout, derrière cette vaste initiative, une volonté première (toujours présente) de représenter et de transmettre les idées fondamentales de la culture hip hop. « Le Battle fait la promotion de la culture breakdance et de la musique comme une véritable alternative à la violence. Elle favorise également la mixité sociale et les échanges internationaux. Année après année, le but a toujours été de motiver les meilleurs crews et les b-boys les plus innovateurs, et d’inviter le plus de nations possibles pour intégrer de nouveaux esprits dans la scène ».

Lalou


  • Battle of the year : la finale
  • Samedi 7 avril 18h | Le Port | La Friche | 8-12€