Coup de coeur

Contes à la Perrault

Souliers de verre et saucisson

Au théâtre et non pas au bistrot...

..les Alberts reprennent du service et offrent une tournée « à la Perrault ».A la carte des réjouissances, 7 contes revisités façon théâtre d’objets.


Après plusieurs semaines de résidence, principalement à la salle Georges Brassens aux Avirons, mais aussi au Séchoir, les Alberts s’apprêtent à présenter leur 22e spectacle : « Contes à la Perrault ». Le pitch :

« Puisqu’il fallut qu’avec eux nous grandîmes, écrits de la main de Perrault ou de Grimm, un matin, chez Albert, nous décidâmes, à sept contes de réviser leur âme. Aussi ne soyez pas trop étonnés si vous les trouvez un peu cabossés, comprenez bien que les années passant, nous ne sommes plus de sages enfants ».

Le Théâtre des Alberts vit depuis près de 25 ans, créé par Vincent Legrand et Danièle Marchal. La compagnie Saint-Pauloise n’est aujourd’hui plus à présenter : son nom est automatiquement associé à l’art de la marionnette et plus largement, aux créations transdisciplinaires pour jeune public.

Comme à son habitude, la compagnie a travaillé en collaboration avec un artiste extérieur pour ce nouveau spectacle. Pour la mise en scène de cette 22e création, Vincent Legrand œuvre au côté Ivan Pommet, comédien, technicien, musicien et directeur du Théâtre Mu ( Perpignan). Coté scène, deux comédiens animent les objets : Marjorie Currenti et Sébastien Deroi.

Dépoussiérer les écritures

Si les années ont passé, les Alberts n’ont pas oublié pour autant de rester des enfants, pas si sages effectivement.

« On est un peu des tricheurs », explique Vincent Legrand en riant : «  on fait comme l’auteur, mais à notre manière  ». Il s’agit de revisiter 7 des contes les plus emblématiques de Perrault et des frères Grimm, de les remettre au gout du jour non sans se permettre une certaine liberté quant au déroulement des événements, et au caractère des personnages. Ne nous attendons pas à une restitution à la lettre.

Ainsi, des 3 Petits Cochons à Cendrillon, en passant par le Petit Chaperon Rouge ou Peau d’Ane, la joyeuse troupe s’est amusée à réécrire les histoires, en une sorte de « zapping » ciblé tantôt sur les temps forts de ces contes, tantôt sur leur structure globale. Le résultat : 7 « sketches  » courts (quelques minutes), mêlant humour décalé, fantaisie et une touche d’esprit critique.

Tout nouveau, tout chaud, le petit dernier du Théâtre des Alberts s’annonce comme une friandise… à déguster sans modération.


Quatre questions à Vincent Legrand

- Pourquoi 7 contes ?

L’un des deux comédiens que l’on retrouve sur scène (Sébastien) avait fait un stage avec le Théâtre de Cuisine, c’est là qu’il nous a proposé d’adapter un conte pour le théâtre d’objet. En travaillant d’abord sur un seul conte, nous nous sommes trouvés piégés. L’adaptation manquait de dynamisme, c’était un peu lourd à mettre en scène. Nous avons alors décidé d’aborder plusieurs contes, en une sorte de spectacle « à sketches », pour avoir plus de rythme, de « tonicité ».

Nous avons choisi parmi les plus connus, les plus ancrés dans l’imaginaire collectif.

- Sous quel angle ?

Nous avons eu envie de parler des contes traditionnels, avec un regard critique sur cette espèce de « mythologie » européenne. Ce sont des histoires qui remontent à très loin : nous en sommes culturellement très imprégnés. Mais elles n’ont pas toujours bien vieilli (par exemple l’image et le rôle des femmes). Nous réinterrogeons la morale de ces histoires, nous la bousculons et l’inscrivons dans notre époque.

Nous avions aussi envie de nous amuser, de rester libres dans nos propos et nos créations. Dans notre travail sur le plateau, nous avons donné beaucoup de place aux improvisations, avant de construire le « cadre » du spectacle. J’espère que cette liberté d’esprit et de temps se ressentira.

- Quels choix scénographiques ?

Il s’agit de théâtre d’objets. L’objet permet le détournement.
Il y a peu d’éléments scénographiques : 1 table, 2 dessertes mobiles, 2 tabourets et un tableau. Au début, tout est noir (fond noir, éléments noirs). La couleur arrive par les comédiens, les objets manipulés, et aussi les éléments cachés du décor, qui se révèlent au fil des scènes.
(NDLR : la base du décor est imaginée et réalisée par Séverine Hennetier).

Les contes sont traités sur une durée relativement courte, pas la même pour tous. « Cendrillon », par exemple, dure environ 1min30, c’est une sorte de gag. « Barbe Bleue » est quant à lui repris presque dans son intégralité, avec même quelques bouts du texte de Perrault, dans un univers intriguant. Le Petit Chaperon Rouge est déjanté, les Trois Petits Cochons sont évoqués dans une parodie par trois saucissons…

- Dans la présentation, il est question d’un « parcours de création participatif  »… Comment cela ?

En avril, alors que le spectacle était en cours de création, nous en avons joué plusieurs extraits (non finalisés) aux classes de 6e du collège Adrien Cadet (des Avirons). S’en suivaient des débats, où les enfants nous faisaient des remarques parfois très judicieuses. Nous avons fait évoluer notre création en tenant compte de cette participation. Article & interview de Lalou


  • Le spectacle permet différents niveaux de "lecture" et ravira les petits comme les grands.
  • A partir de 6 ans (niveaux CP > Lycée)
  • Durée : 50 minutes


Théâtre d’objets | Jeune public | Théâtre des Alberts | Contes à la Perrault

  • VEN 21 SEPT 2018 – 19:00 – Salle Georges Brassens – Les Avirons - Tarif : 3€/5€
  • MAR 2 OCT 2018 - 19:00 - Léspas Culturel Leconte de Lisle - St Paul - Tarif : 8€/10€
  • VEN 19 OCT 2018 - 19:30 - Théâtre sous les Arbres - Le Port - Tarif : 3€/13€