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Sous les lunettes de Zerbinette

Sukkwan Island

Sur la première de couverture, j’ai lu : "Prix Médicis 2010", 130 000 exemplaires vendus. Je me suis donc empressée de commencer. Au bout de 30 pages, l’engouement ne venait pas. À la moitié, je m’ennuyais. Quand je l’ai terminé, je me suis questionnée : pourquoi ce prix ?

Au commencement, un père, dont on comprend très vite qu’il est déséquilibré, décide d’emmener son fils, dont on comprend très vite qu’il sera malheureux, vivre dans une cabane isolée en Alaska.

Or, à ton avis cher lecteur, et même si tu n’es pas un éminent psychiatre, que se passe-t-il lorsqu’un psychotique prend en charge le quotidien de son fils dans un environnement hostile coupé de tout contact humain ? Mystère et boule de gomme. S’il suffisait d’envoyer les fous dans les espaces désertiques pour les guérir, la Sibérie serait plus peuplée que New York.

Reste qu’on nous promet une écriture sublime, qui magnifie la nature et engendre la torpeur. Mais comme la fin est cousue de fil blanc, l’angoisse annoncée tombe dans l’eau glacée et le lecteur pas plus que le saumon ne parvient à remonter le courant du bouleversement promis.

Sukkwan Island de David Vann, 200 p., éditions Gallmeister.

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