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Sous les lunettes de Zerbinette

Tango tranquille

Eh bien c’est encore une bonne surprise pour ce court roman qui m’a rappelé à bien des égards la grâce singulière de L’élégance du hérisson.

Violette, Enrique. Deux personnages et une double narration. Violette est retraitée, recluse dans un espace intérieur aussi étriqué que le périmètre de sa vie sociale. Protégée par une routine sévère et abrutissante, elle nourrit ses journées de musique et de Porto.

Un matin au parc, elle croise le chemin d’Enrique, un jeune instituteur Bolivien sans papier, à la recherche d’un emploi. Les pommes de terre s’échappent du panier , le jeune homme les ramasse et un improbable contact s’amorce. Lentement, ces deux exilés s’offrent mutuellement une dignité, s’apprivoisant au delà des conventions et des préjugés, pour se redonner de l’ampleur.

Une vision particulièrement pointue de la bêtise et de la médiocrité qui aurait régalé Balzac. Cette Violette est touchante et sympathique, dans son refus de sombrer dans la caricature de la vieille acariâtre. Courageuse et drôle, elle offre une alternative lumineuse à l’égoïsme de comptoir, et montre que l’héroïsme peut aussi être l’apanage du troisième âge.

Tango tranquille de Verena Hanf, 167 p., éditions Le Castor Astral.