Coup de coeur

Un éléphant qui se balançait

Acrobaties millimétrées, ambiance années folles et une histoire excentrique, originale et drôle...

Une « comédie circassienne déjantée », c’est ainsi que la compagnie du Cirque Le Roux définit sa création au titre intriguant « The Elephant in the Room ». Qu’y a-t-il dedans ? Des acrobaties millimétrées, habilement intégrées dans un ensemble dansé, joué et parlé. Dans une ambiance années folles, mi-boudoir, mi-polar, se déroule une histoire excentrique, originale et drôle. Tout pour plaire, c’est peu dire... Total craquage, en ce qui me concerne.

L’intrigue est digne d’un scénario à suspens, un polar. La scène est un salon des années trente, au décor travaillé jusque dans les détails. Dans ce salon apparaissent et évoluent trois dandys excentriques et une jeune mariée aux airs diaboliques. Dans cette ambiance burlesque, quelque chose se trame, il y a de la trompe(rie) dans l’air. On découvre peu à peu que Miss Betty, son mari, son amant et son majordome tentent de protéger un coupable secret, qui pèse dans l’atmosphère : « the elephant in the room ».

Quatre fantastiques

Les quatre personnages sont dingues, à leur façon. Gregory Arsenal incarne le jeune Bouchon, majordome borderline voire aussi frappé qu’agile, peut-être le plus « clownesque » d’entre eux. Yannick Thomas joue John Barick, le mari baraqué, impressionnant de force dans les portés. Philip Rosenberg interprète Mr Chance, exubérant personnage anglophone, danseur et équilibriste à la grâce sidérante. Enfin, Lolita Costet devient Miss Betty, intrigante, assassine, « voltigeante »…

Après avoir dansé à Broadway dans des comédies musicales et avoir parcouru le monde avec la compagnie de cirque Les 7 Doigts de la Main, ces quatre artistes surdoués décident en 2014 de créer leur propre show. Ils forment le Cirque Le Roux et donnent vie à ce premier spectacle. S’en suit une tournée nationale puis internationale, à travers plus de dix pays. Autant dire que le spectacle est rôdé, pour le plus grand plaisir du spectateur. Si leur « Elephant » connaît un tel succès depuis plus de trois ans, ce n’est pas pour rien.

Quand tu crois avoir tout vu…

Déjà, le décor évolutif et les costumes chics réservent à eux tout seuls quelques surprises. Ensuite, on comprend vite que le spectacle n’est pas un show habituel d’acrobaties mêlées de théâtre. C’est bien plus que ça. Les tableaux s’enchaînent au fil de l’intrigue, tous d’une beauté et d’une classe épatante. La musique originale d’Alexandra Streliski s’imbrique au reste, pile poil, comme une pièce du puzzle. Ajoutons à la grande précision technique des figures et à l’esthétisme des équilibres, la fluidité des corps, des mouvements et des portés, la poésie de la danse, la drôlerie des situations et la justesse des personnages. Des jeux d’illusions, de lumière aussi, un esthétisme saisissant. Je ne vais pas tout dévoiler, mais le coup des claquettes… j’en ai trépigné de joie comme une gosse.

The Elephant in the room est une première création qui envoie du lourd. C’est fortiche, c’est beau, diablement gracieux, sexy et drôle. La classe.

Lalou | Photos : Francesca Torrachi, Frank w.Ockenfels, Eva Trifft


  • Cirque Le Roux | The elephant in the room
  • MERCREDI 13 JUIN - 19 : 00 | Téat Champ Fleuri | 15-29€
  • JEUDI 14 JUIN 2018 - 19:00 | Téat Champ Fleuri | 15-29€
  • VENDREDI 15 JUIN 2018 - 20:00 | Téat Champ Fleuri | 15-29€
  • SAMEDI 16 JUIN 2018 - 20:00 | Téat Champ Fleuri | 15-29€