Rétrospective

la chronique au jour le jour du Sakifo 2008 : jour 3

un zeste de SAKIFO 2008

Notre zenvoyé spécial, grâce à sa fabuleuse carte de presse et sa tête passe partout, vous fait partager l’ambiance du Sakifo. Vendredi 8 août - jour 3 !

C‘est bizarre mais plus le Sakifo avance et plus j’ai l’impression d’avoir choisi les Jeux olympiques de Pékin, finalement. Pas côté reportage-papiers-photos mais plutôt du côté athlètes-marathon-marteau (qui tape sur l’enclume dans la tête). La fatigue s’accumulant, les cernes soulignant mes yeux brun fauve commencent à ressembler à la Grotte des Premiers Français….

Cette 3ème journée de festival a commencé avec une incertitude d’ordre climatique. Dès le début d’après midi, une chape de nuages s’est formée au dessus de St Pierre et à 16h, il n’y avait plus un coin de ciel bleu à l’horizon.

Le temps allait-il rester stable ou tourner à la grosse averse ? Telle était la question, et je pense que, vu l’organisation que nécessite un événement comme le Sakifo, je n’ai pas été le seul à me la poser… Allait-il falloir, après quelques heures de trombes d’eau, inventer un jeu de mots composé des termes Sakifo et Woodstock, du genre « Sakifoodstock » ? D’un naturel joueur et optimiste, j’ai parié 30€ avec un agent de sécurité sur le « non, il ne pleuvra pas aujourd’hui ». Lui était persuadé du contraire, arguant qu’il en avait vu d’autres et qu’un ciel comme ça sent la pluie à coup sûr.

A l’heure du coucher de soleil face à l’océan, un moment très suivi par les festivaliers de ce Sakifo 2008, le ciel donnait des gages de sérénité avec un horizon moins plombé que dans l’après-midi. Ces quelques interrogations climatiques passées, la série de concerts du jour a pu commencer. C’est le groupe Crossbreed Supersoul qui a ouvert la soirée, en faisant parler les guitares sur la scène des Filaos.

Le groupe mauricien a offert au public un bel échantillon de compositions pop-rock en anglais (quelques unes en français et créole mauricien). La voix aérienne de Vincent Brasse a séduit un public nombreux et enthousiaste. On a pu apprécier les arrangements des parties cordes (3 guitares), tant sur les morceaux de type folk que sur les titres plus énervés. Belle prestation scénique.

A une centaine de mètres de là, Bibi Tanga et le Professeur Inlassable ont démarré leur show sur la scène de la Poudrière. En quelques instants, la formation a mis tout le monde d’accord : c’est bien de groove qu’il allait être question.

Bassiste inspiré, Bibi Tanga a déroulé un set où le funk est roi, alternant sons saturés et claviers old school, morceaux dissonants et mélodies soul. La grosse voix de Bibi Tanga fait ici et là des ascensions vers des sommets farinellien (du film Farinelli, si si, je viens de l’inventer...et alors ?). Ces variations vocales et ce groove imparable ne sont pas sans rappeler l’univers d’un Prince. Chouette découverte que ce groupe de dandys en complet veston !

La première grosse scène de la soirée (Salahin) était réservée au groupe franco-finnois The Do. Visiblement, une partie du public attendait ce rendez-vous depuis longtemps, car on a eu le droit à une poussée d’hystérie collective lorsqu’Olivia Merilahti et Dan Levy ont fait leur apparition sur la scène, accompagnés de leur batteur.

Pendant plus d’une heure, The Do nous a servi son rock déjanté et vitaminé qui laisse une large place à la voix cristalline de la chanteuse.

Le groupe a trouvé sa vitesse de croisière et, au vu du succès qu’il connaît actuellement, il va être difficile de les arrêter ! C’est pas le public de ce vendredi soir qui me contredira !

Après The Do, les choses se sont un peu compliqué ! Car avaient lieu au même moment, deux concerts à ne pas rater. On peut regretter que Moriarty et Soha aient été programmés simultanément à 20h15, car les deux plateaux valaient leur pesant de cacahuètes !

Soha a déversé sur la poudrière un torrent de bonnes vibrations afro-cubaines, dévoilant un répertoire particulièrement métissé. Sa voix d’ange et sa présence ont fait mouche. Un spectacle enlevé aux arrangements tout en finesse qui restera probablement dans les esprits.

Ne cherchez pas de photo du concert de Soha, il n’y en a aucune. La belle est semble-t-il allergique aux photos. La presse locale n’a tout simplement pas pu accéder à l’espace réservé aux photographes, à la demande expresse de l’artiste. Aucune image, nada, que dalle, walou… Dommage car Soha est bigrement jolie ! Mais doit vouloir garder ce minois rien que pour elle.

Autre bémol : l’invité surprise du concert, Davy Sicard, n’est resté kayamb en main que 2 minutes sur la scène, le temps d’un duo avec Soha. Un moment magnifique ceci dit, où la voix de Soha et celle de Sicard se sont élancées dans les airs, en route vers une rare communion artistique. Un moment trop court, hélas ! Car si Davy Sicard s’est englué dans le même embouteillage que moi pour venir à St Pierre, il a payé cher son passage éclair sur scène…

A quelques centaines de mètres de là, Moriarty a été selon moi la sensation du jour. Dans la plus grande simplicité, ce groupe acoustique a posé son théâtre sonore sur la scène des Filaos.

Composé d’instrumentistes touche-à-tout débordant de créativité, Moriarty a déroulé un concert comme on a pas l’habitude d’en entendre. Exprimant leur bonheur d’être à La Réunion, les musiciens ont ouvert leur scène à des musiciens locaux (Fever du groupe Zong et Eric du groupe Andémya). Le moins que l’on puisse dire c’est que le courant est passé entre le public du Sakifo et Moriarty, acclamé pendant de longues minutes après les rappels.

J’essaie de trouver un qualificatif pour décrire la voix splendide de la chanteuse Rosemary, mais je n’en trouve aucun. Le terme « unique » pourrait correspondre à l’idée que j’ai en tête.

Bazbaz a clôturé la série de concerts sous les étoiles de la Ravine Blanche. Je ne connaissais pas trop son univers et il m’a agréablement surpris. Sa voix est chaude et espiègle, reconnaissable entre mille. Le personnage un rien décadent est sympathique, ses textes originaux et souvent drôles. Une remarque m’effleure au détour d’un morceau langoureux : il a l’air obsédé par le sexe cet homme-là… En tout cas il prône la parité au sein des groupes, car le sien compte pas moins de deux femmes : l’une à la basse et l’autre à la batterie. Assez original pour le souligner.

Les chansons de l’iconoclaste Bazbaz ont résonné tardivement dans la fraîcheur de la Ravine Blanche, préparant le terrain et les esprits à la grand-messe électro finale. Mais cet after électro, je suis allé le faire dans mon lit, la fatigue m’obligeant à dépasser les 50 battements de cils par minute…

D’ailleurs, si quelqu’un veut compléter ce compte-rendu avec ses impressions sur les prestations de Sal Paradise et d’Agoria, il peut le faire à rédaction@azenda.fr. J’ajouterai volontiers son texte à la présente chronique s’il comporte moins de 30 fautes d’orthographe…

Bonne nouvelle : la journée s’est terminée sans qu’une seule goutte de pluie ne soit tombée. Je retrouve l’agent de sécurité avec lequel j’avais parié, et empoche la somme rondelette de 30€. Merci Sakifo !

On termine évidemment avec la question du jour : Quel est le nom de ces instruments de musique traditionnelle, illustrés par la photo ci-dessous ?

A demain si vous le voulez bien, et si mon carburateur ne me lâche pas…

Galerie Médias