Rétrospective

la chronique au jour le jour du Sakifo 2008 : jour 5

un zeste de SAKIFO 2008

Notre zenvoyé spécial, grâce à sa fabuleuse carte de presse et sa tête passe partout, vous fait partager l’ambiance du Sakifo. Dimanche 10 août - jour 5 !

Dernier jour où je dois recharger les batteries de mon appareil photo tout en avalant ce qu’il faut bien appeler un « café ». Après avoir enfilé mon pass presse autour du cou, je prends la route du Village du Festival en évitant soigneusement de trouver une place trop près de l’entrée, de peur d’être accusé d’aimer la facilité. Il me faudra marcher 25 minutes pour rejoindre l’entrée. Mon honneur est sauf !

La journée commence par un cari feu de bois snoek-brèdes dégusté au stand de l’association Simangavol. De quoi reconstituer mes forces dans l’allégresse avant d’assister à la dernière étape de ce Sakifo 2008.

Une remarque tout de même : le snoek, ça a tendance à rester collé entre les dents. Superbe sourire pour le reste de la journée…

Le premier concert du jour est celui du Bazar Kréol, une création qui réunit les groupes Lo’Jo et Lo Griyo.

Le concert commence avec pas moins de 3 joueurs de kora sur la scène. Entre Afrique, Europe, Océan Indien et Maghreb, le Bazar Kréol entreprend une fusion des influences portée par les superbes voix des chanteuses Nadia et Yamina. Pour preuve : cette intense reprise de « Rest là maloya » d’Alain Peters, arrangée pour l’occasion à 2 voix, 1 kayamb et 1 kora.

Ce que je peux vous dire, c’est qu’à ce moment-là l’émotion était palpable et que la joie d’être là était visible sur tous les visages, tant sur la scène que dans le public.

Dans le même temps, sur la scène de la Poudrière, le groupe Lansiv a enchanté le public avec son maloya traditionnel de très bonne tenue. Le groupe emmené par Jean-Marie a montré l’étendue de son talent devant un public intergénérationnel, prouvant s’il le fallait que la musique réunionnaise a encore de belles heures devant elle. Belle prestation du groupe Lansiv.

Après avoir applaudi le jeune groupe, le public est allé saluer la légende vivante, Firmin Viry, qui a commencé son concert sous la pluie.

Toujours aussi souriant, Firmin Viry a entonné avec force ses morceaux devenus légendaires, accompagné par son orchestre maloya au grand complet. Malgré la pluie incessante, le public a dansé sans relâche jusqu’au dernier morceau, avant de rendre un vibrant hommage au maloyèr.

Autre genre et autre public, la rappeuse marseillaise Kenny Arkana a investi la scène Poudrière en lançant un sonore « Wesh, La Réunion ? ».

Visiblement très déterminée à se faire entendre, la jeune femme ne mâche pas ses mots et parle de politique. Fustigeant la grande racaille de l’Elysée qu’elle appelle « Le Petit Nicolas » (le « petit » n’étant pas ici une marque d’affection…), ou les « medias qui aiment bien foutre la merde », Kenny Arkana a scotché les spectateurs par son énergie, sa détermination et sa vision clairvoyante de notre société.

Elle a offert une grande bouffée d’air à un public qui n’a pas souvent l’opportunité d’assister à un bon concert de rap. Lorsque la banlieue marseillaise s’invite à la Ravine Blanche, c’est une grosse sensation !

Enfin ce Sakifo 2008 s’est refermé sur une prestation surréaliste de l’Australien Jeff Lang, puis sur un magnifique concert des Maliens de Tinariwen.

Slide guitare et basse acoustique d’un côté, instruments électrifiés du blues du désert de l’autre. Un final savoureux, malgré des conditions météo difficiles.

A 21h30, le Sakifo 2008 s’achève par un rappel du groupe Tinariwen, et c’est l’un des hommes en bleu qui revient seul à la guitare, pour une dernière chanson toute en arpèges et en arabesques vocales. Magnifique !

N’oublions pas l’ultime question du jour : Combien d’années séparent Firmin Viry du plus jeune de ses percussionnistes ?

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