Festival

la chronique au jour le jour du Sakifo 2010 : 3 août 2010 - la veille

un zeste de SAKIFO 2010

Recrue du cru 2010, c’est au tour de MamzelBod de se balader dans les allées du Sakifo, pass au cou et mains dans les poches, pour la chronique quotidienne de l’Azenda on line. L’objectif : traquer l’anecdote, recueillir des impressions, sonder les coulisses, bref, vagabonder au cœur de l’événement musical de l’île. Le défi : soutenir la concurrence déloyale des confrères équipés jusqu’aux dents en promenant mon recorder vintage et mon humble stylo bic au plus près du festival.

Le Sakifo, ça kiffe dès le mardi soir, comme le sait tout le petit monde de la com’ locale, les amateurs de cocktails à l’œil, les bassistes en quête de gig, les organisateurs, bénévoles et groupies incognito. Le rendez-vous, reflétant chaque année une facette de la culture péi, se déplace : après Firmin Viry lors de la session 2009, c’est la famille Pounia qui se prête au jeu en ouvrant grand les portes du Kala, à Grand Bois.

Un beau mystère

Point de discours pompeux ni de grandes effusions, mais une assemblée hétéroclite, plutôt souriante et détendue, poursuivant des desseins divers. Chacun cherche son chat, et moi je cherche Matthieu Chédid. Je ne tarde pas à l’apercevoir, il faut dire qu’il fait une bonne tête de plus que la moyenne. Moi qui l’imaginais petit, rose et sautillant, je reste coite devant le costard noir, les chaussures italiennes et la classe tranquille de Mister Mystère. Pour ceux qui ont raté un épisode et se demandent pourquoi il a fallu attendre si longtemps avant de le voir débarquer à la Réunion, sachez que M s’est mis au vert après le succès de ses trois premiers albums et la tournée magistrale qui a suivi. Sept ans plus tard, c’est un nouveau personnage et une nouvelle équipe qui écument les scènes de France et de Navarre depuis la sortie du quatrième album en milieu d’année dernière. Et c’est aussi une nouvelle guitare pour l’artiste toujours féru de technologie, à découvrir par ici, petits impatients que vous êtes, avant la démonstration de ce soir. Je laisse M aux mains de mes confrères empressés et le mystère reste entier. Mais j’attendrai mon heure et un moment plus propice…à la confidence ;-) A bon entendeur ami internaute…

…et du beau linge

Excusez l’expression plébéienne de votre humble et non moins novice narratrice qui, ne sachant plus où donner de la tête, se décontenance quelque peu. Qui aborder et comment ? Tiens, mais c’est Tumi là-bas sur le muret, mais que fait-il tout seul ? (me remettre d’urgence aux film anglais en VO, ce qui m’évitera un bide intégral la prochaine fois) Heureusement une gentille bénévole (quadrilingue, elle) m’informe que l’énergique rappeur sud africain revient non pas mettre le feu avec son band multiethnique mais participer au jury pour la remise du prix Alain Peters. Ce dernier récompense pour la quatrième fois un artiste réunionnais. Je fais justement sans tarder la connaissance de la douce Héléna Esparon, en lice cette année avec sa chanson folk, au chant intimiste et cristallin. Mais je vous en reparlerai plus loin, car l’heure est au repérage.

Le nez dans mon AzendaKifo, j’entreprends de comparer l’artiste de papier glacé à celui qui déambule devant moi. Mais alors, qui est qui ? Féfé, c’est celui avec le bonnet gris ou le foulard noir ? Et Phoebe Killdeer, dont je ne peux que vous encourager à découvrir la fibre rock blues déjantée - la preuve par là. Est-ce que c’est bien cette frêle silhouette en robe noire qui s’éclipse discrètement ? (encore raté !)

En pleine confusion, je n’ose pas davantage allez ragasser mes stars locales préférées, à savoir l’inénarrable René Lacaille et la sublime Nathalie Natiembé – mais qu’ont-ils donc à la qualifier de punk ? Les punks, ce ne serait pas plutôt les quatre décoiffés qui pillent le bar et qu’on dirait bien être …-mais chut, vous n’en saurez pas plus, on n’est pas à Paris Match enfin !

En avant la musique !

Tout en me promettant intérieurement de faire de sérieux efforts en physionomie, anglais et sens de la répartie, je file tâter l’ambiance du côté de la scène où un bœuf rock agite la petite assemblée. « Les dalons de Saint-Leu » me précise Gilbert Pounia, qu’il faudra attendre samedi soir pour voir jouer avec Ziskakan. Décidément tout le monde se cache… Ce qui est sûr, c’est que le programme 2010, qui ne collectionne pas cette année les têtes d’affiches, promet de belles surprises.

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