Festival

la chronique au jour le jour du Sakifo 2010 : 4 août 2010 - jour 1

un zeste de SAKIFO 2010

La soirée d’hier répondait à tous les clichés d’un bon vieux festival, celui qui crée les aficionados du genre ou incite les autres à préférer un bon DVD : de la bête de scène, du gros son – bravo les travailleurs de l’ombre – des queues interminables, des sanitaires bouchés, de la pluie, de la boue et des mouvements de foule. Foi de festivalière, je ne m’étais pas fait autant écraser les pieds depuis Reading 1995. Pour un aperçu exhaustif, je vous laisse consulter les multiples médias qui couvrent l’affaire, chers lecteurs, et qui se sont levés plus tôt que moi. Pour ma part, à défaut de scoop mais ça va venir soyons confiants, je vous livre quelques impressions saisies au vol, le tout accompagné des photos de Freddy.

Ma déambulation avait commencé mollement en fin d’après-midi, alors qu’autour de moi le staff s’affairait pour les dernières mises au point. C’est une ambiance à découvrir, chers festivaliers, tout ce petit monde qui s’agite pour le bien commun dans le soleil déclinant.

Il y a un moment que j’affectionne particulièrement, c’est les balances. Alors les balances, ce n’est ni un sale rapporteur ni un pèse-personne, mais ces instants intenses pour l’incontournable ingé son qui n’a pas intérêt de se rater, les artistes comptent sur lui et puis c’est quand même Sakifo. Eh bien, dans le mille, à mon arrivée dans l’enceinte du festival, que ne reconnais-je pas le timbre de mon coup de cœur internet : Phoebe Killdeer et ses Short Straws (absolument découvrir qui a perdu à la courte paille avant le départ du groupe) en plein réglages. C’est confirmé, ça envoie ! Une voix dont Patti Smith et PJ Harvey se batailleraient la maternité – je sais c’est un peu éculé comme comparaison mais ça n’en reste pas moins vrai – des musiciens à la cool en tenue de plage, et en quelques accords, une athmosphère rendue électrique. J’ai hâte de voir la suite, et je ne serai pas déçue. Une ambiance à la fois hypnotique et abrasive, une rythmique percutante toute en breaks et en vagues, un jeu vingtage à la rockab’ teinté d’effets modernes, comme le look des quatre complices qui jouent la carte de la séduction déjantée. Et une petite surprise, l’invitation sur scène de Roberto du groupe Malouz au kayamb. Le public est envoûté, et personne ne juge bon de traduire à la chanteuse les propositions libidineuses de la foule. Dommage, à coup sûr elle aurait eu de la répartie, Calamity Jane !

Mais je m’égare, revenons à ma déambulation vespérale qui m’entraine au carré VIP, où les tantines de Simangavole virevoltent dans leurs robes blanches au son d’un maloya très africain, tout en danses et en chœurs. Mais pourquoi réserver ce petit bijou d’énergie aux Very Important à une heure où c’est le désert alors qu’elle vous dynamiteraient une ambiance en trois notes ? Même remarque concernant l’exposition des photos Xiop à l’entrée du carré, qui retracent des années de live au Sakifo, à découvrir ou redécouvir ici www.xiop.fr pour les exclus du site.

Et puis coup de bol pour moi qui pensais louper ce soir ma diva péi préférée, dans un nouveau set maloya dub accompagné notamment de Yann Costa aux claviers, je tombe sur l’émission RFO qui diffuse en direct « La Margoz ». Qui que ce soit qui l’accompagne, c’est toujours un moment de grâce, Natiembé la cafrine à la poésie brut de pomme…

Mais la nuit tombe, et les hostilités commencent, ma déambulation se mue en passage en force parmi le public devenu dense. Il faut quand même que je voie les stars de près. C’est quoi alors, le secret pour drainer de telles foules et surtout, les mener au doigt et à l’œil ? Allez, je me prends au jeu. Avec Féfé, je hurle plus fort que les garçons et clame en chœur qu’on est tous de vilains petits canards. L’homme au bonnet a un talent d’animateur certain, même ses musiciens en redemandent.

Et puis avec M, je pousse jusqu’à crier 30 fois de suite après une séance de sophrologie collective, prête à toutes les concessions pour qu’il reprenne « La Fleur » (quelle oie blanche, cette chroniqueuse) et joue les machistadors au son de la stratocaster. Pourquoi ne ferais-je pas moi aussi des trucs débiles alors que sur scène s’ébattent des hommes à tête d’oiseau, des squelettes, des types en caleçon et qu’un superman balance des cornflakes ? Y’a pas à dire, la wah-wah et le costard sous des trombes d’eau, ça rend taré !

Enfin, pour finir en beauté, je me lance dans un pogo effréné avec les derniers récalcitrants, ceux qui contre vent et marée, nez dans pluie et pieds dans boue, resteront jusqu’à la dernière note. C’est Skip the Use les Lillois, d’anciens punks au groove irrésistible, qui mènent la danse. Quelle énergie, les amis, je ne résiste pas et termine sale, désossée mais contente. Voilà ce que c’est des bêtes de scène, ils te font faire n’importe quoi !

Mais je me reprends, cher lecteur, d’ailleurs le temps presse et je dois rendre mon papier illico si je veux arriver à temps pour voir Smod, un trio hip hop mené par le rejeton des Maliens Amadou et Mariam. Comme il est prouvé par les temps qui courent que les « fils de » assurent…

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