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Warfield

Du Métal ? Ça fait mal ? Avant de faire les présentations d’usage, il convient de définir un peu notre sujet. Non pas pour étaler notre science (peu profonde en la matière il y a peu, il faut le reconnaître) mais pour éviter tout de suite amalgames et méprises. Le heavy metal (ou communément métal) est un sous-genre du rock, devenu style musical en 70. Le heavy metal puise son inspiration dans des groupes de hard rock de ces années qui, en combinant blues et rock, ont créé un hybride aux sonorités lourdes et épaisses, centré sur les impulsions de la batterie et de la guitare à la distorsion très amplifiée. Au fil des années, le heavy metal a donné naissance à des sous-genres variés regroupés sous le terme "metal" par le grand public (black, death, thrash,...).

Hard-rock, Thrash et Death métal

Parfois synonyme du heavy metal, le hard rock est aussi un terme générique englobant toute forme de musique "hard" par opposition aux musiques "soft". Il se caractérise par l’utilisation d’un trio de base : une guitare saturée, une guitare basse et une batterie. Le tout joué avec puissance et agressivité, tout en restant proche des racines blues et rock. AC/DC, Deep Purple, Guns N’Roses, Scorpions et Led Zeppelin en sont les représentants les plus connus... Le thrash metal est un sous-genre du heavy metal, popularisé par Metallica au 80’s. C’est une musique rapide et violente. Le premier " h " de thrash signifie "battre, frapper" (et non pas trash : "poubelle").

Affichant une dextérité hors du commun dans des riffs techniques à souhait, les principaux groupes sont Slayer, Megadeth, Anthrax et Metallica. Enfin, le death metal est un autre sous-genre du heavy metal qui émergea à partir du thrash metal. Parmi les caractéristiques communément reconnues du genre, il y a les paroles généralement violentes ou sombres de nature, qui se servent de la mort comme d’une métaphore nihiliste, les guitares rythmiques accordées plus bas, les percussions rapides et des chants gutturaux graves appelés "grunts".

Le Death métal de Warfield

C’est clairement dans ce dernier registre que se classent les 4 membres de Warfield. Souvent habillés en militaires, grimés de peinture-camouflage, leurs prestations scéniques sont au diapason de leur nom de scène (Warfield se traduit par " champ de bataille "). Pour les amateurs de " soft " comme moi, les découvrir sur scène est une sorte de choc : son saturé, chants rocailleux, rythme ultra puissant.

Il est bon de prendre un peu de recul. On se protége ainsi les tympans. On évite aussi de se faire embarquer parmi la foule qui s’amuse rapidement (sans aucune violence cependant) à gesticuler, pogoter et reprendre les postures dramaturgiques des musiciens. Et enfin on peut observer de manière plus " tranquille " le spectacle. Car on peut parler de spectacle ! Ce qui au premier abord semble n’être que désordre et brutalité sonore est en fait un exercice technique très maîtrisé. D’ailleurs les " métaleux " de Warfield se sont distingués au cours de la Clameur grâce au vote massif du public (comme quoi un public large peut adhérer à ce genre musical restreint !), mais aussi par leurs qualités techniques et scéniques. Et effectivement on n’a pas affaire à des débutants.

Les membres "historiques" du groupe (qui sont aussi les plus jeunes !), Yoann (19 ans, bassiste) et Guillaume (19 ans, batterie) pratiquent le genre depuis le collège. Olivier et Alex (les 2 guitares, respectivement 27 et 24 ans), accessoirement frangins du batteur, reviennent de 3 ans d’études au MAI (Music Academy Internationnal de Nancy). Ils ont eux aussi commencé très jeunes la musique et ont collaboré à plusieurs formations musicales, ici comme en France. A eux 4, jouant de leurs instruments et de leurs voix à fond, sur des compos bien personnelles, ils forment un ensemble surprenant d’efficacité. On sent que chaque geste et posture a été parfaitement répété.

Si, comme le dit Guillaume, cette musique est une "manière de se défouler musicalement", il y a derrière tout ça énormément de travail. Le métal, genre musical très technique, malgré ou parce que, très puissant, est en fait pratiqué par des musiciens ayant une dextérité certaine dans leur art.

Les textes, bien que semblant secondaires, ont aussi leur importance. Death métal oblige, le thème principal est la guerre en général. "Un vrai message politique même" précise Olivier. Exemples : le morceau "Fight death with death" parle du conflit israélo-palestinien ou "Agony" transcrit l’invasion américaine en Irak du point de vue d’un soldat enrôlé contre son gré. Bon, avouons que c’est difficile de tout -c’est un euphémisme- comprendre mais finalement, une fois au courant du sujet, le déchaînement musical, la puissance des guitares et des percus, le jeu de scène et surtout la technique vocale propre au métal (sons gutturaux et lourds) s’expliquent un peu plus... Et cette dénonciation a finalement, puisqu’il faut laisser à chacun la liberté de ses goûts, autant de valeur, d’importance ou de cohérence qu’un morceau de rap ou de slam.

A la découverte des grunts

C’est certain que si vous êtes fan d’une Céline Dion, vous risquez d’être un peu perplexe fasse à ce déferlement sonore. Mais, par curiosité, par ouverture d’esprit, pour découvrir une façon spectaculaire et ultra technique de jouer (de la voix, de la guitare électrique, de la batterie, de la musique en général), pour pogoter et vous défouler un peu et/ou pour rester scotché devant un groupe maîtrisant parfaitement son sujet et sa scène, Warfield, avec ses " grunts " décapants, vous proposera un excellent champ de bataille (où la violence n’est que musicale !). A voir... et à entendre !

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