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Wonder, sa mi brass

Quand la kora se marie avec la musique klezmer, naît alors un beau bébé dont on aime écouter les babillements.

Hugh Coltman vs. Stacey Kent

Chacun à leur manière, Hugh Coltman et Stacey Kent revisitent en avril le grand répertoire du jazz (...) +++

La fanfare Wonderbrass, fondée il y a une dizaine d’année par Pierre Wekstein – directeur musical/musicien de Klezmer Nova et Monsieur capable d’écrire les partitions pour tous les instruments de musique qu’il souhaite entendre – revient avec une actualité toute neuve en ce début d’année. L’ensemble de bois, de cuivres et de percussions travaille depuis fin 2015 sur le projet qui sera présenté vendredi soir pour la sortie de l’album Wonderbrass & Sami.

Car c’est bien Sami Pageaux-Waro qui amène ici plusieurs morceaux. Il réussit la prouesse d’écrire autant pour les trompettes, que pour les clarinettes, les percussions, les trombones, les saxophones, le soubassophone et même un euphonium ! Il y intègre subtilement sa kora mais également sanza et darbouka. Techniquement c’est un véritable choc des cultures. En pratique, on se demande pourquoi on n’y avait pas pensé avant.

Habituellement, c’est Julien Grégoire et Loïc Simon qui dirigent l’ensemble d’une quinzaine d’instruments tout en jouant respectivement de la flûte et de la clarinette. Ils sont adeptes du sound painting, technique qui consiste à mener les musiciens par un langage des signes. Une belle complicité est alors palpable entre eux grâce aux œillades attentives et pleines de connivence.

Sami a su se glisser dans cette formation comme une main délicate le ferait dans un entrejambe. Sa kora, véritable prolongement de lui-même, sublime l’orchestre, lui offrant une deuxième jeunesse. Par moment si délicat comme une jeune fille jouant de la harpe et par moment en transe, Sami nous raconte des mythes et des histoires lointaines tel un griot, dépositaire des savoirs et des mystères.

Je n’aime pas trop les étiquettes, ranger les styles musicaux dans des cases et c’est surement pour cela que j’affectionne particulièrement cette association insolite. Venir écouter Wonderbrass et Sami c’est meilleur qu’une hostie qui fond dans la bouche un dimanche matin.

Pimprenelle