Théâtre / Lecture - Conte

Cie Draoui Production

Ainsi ne tombe pas la nuit

Galerie Médias

Ainsi ne tombe pas la nuit est une lecture mise en jeu du texte poétique éponyme d’Isabelle Alentour au éditions iXe, avec Lola Bonnecarrère, Chloé Bouiller et Lucile Vérité

Ce projet constitue le maillon d’une chaîne qui naît des témoignages de femmes syriennes victimes de la politique de viols orchestrée par le régime de Bachar el-Assad, que trois reportrices (Manon Loizeau, Annick Cojean, Souad Wheidi) ont recueillis dans le documentaire Syrie, Le cri étouffé.

A l’écoute de ces témoignages, Isabelle Alentour a immédiatement senti la nécessité de répondre à l’appel lancé par l’une de ces femmes : « Ne pas laisser agir le silence et les non-dits mais dénoncer rapidement ces crimes de guerre. »

Elle écrit, et remet son texte aux comédiennes (Chloé Bouiller, Lucile Vérité, Lola Bonnecarrère, en alternance avec Maeva Meunier, avec la complicité artistique d’Eliot Saour) qui décident de le porter au plateau avant que ces faits ne tombent dans le pur fait historique.

Ainsi ne tombe pas la nuit se veut être un relais poétique des voix de ces femmes qui commencent seulement à éclore depuis la Syrie, pendant que d’autres continuent à l’instant même à subir ces viols.

Dès le printemps 2011, le viol est utilisé par le régime de Bachar el-Assad contre ses opposant.e.s. Selon le Réseau syrien des droits de l’Homme, 7 700 femmes ont été victimes de violences sexuelles ou de harcèlement pratiqués méthodiquement par les forces pro-régime, dont plus de 800 cas en prison. La honte, la peur des remontrances, les suicides, les disparitions, et les exils forcés laissent à penser que le nombre réel est plus élevé. Plusieurs organisations internationales (AMNESTY international, O.N.U...) ont fait état de ce crime contre l’humanité, mais toutes évoquent l’extrême difficulté à obtenir des témoignages directs. Cette stratégie s’appuie sur l’un des tabous les mieux ancrés dans la société traditionnelle syrienne et sur le silence des victimes.

Nombre de ces aveux font état de preuves quant à l’anticipation et la mise en œuvre de moyens par le régime de Bachar el Assad pour orchestrer ses actions. En effet, certaines femmes affirment la venue de médecins dans les centres de détention pour noter les dates des règles de chaque femme et leur distribuer des pilules contraceptives. D’autres déclarations attestent la prise de stimulants sexuels chez les miliciens. La préméditation supposée des viols ne fait donc plus débat. La culture et la tradition patriarcales sont implacables : le viol déshonore l’ensemble de la famille, voire le clan, le quartier, toute une communauté. L’injustice est à son comble : ces femmes sont coupables d’être victimes.