Conférence

Conférence "Doit-on, au titre de la repentance, jeter à la voirie les cendres de Napoléon ?"

La conférence "Doit-on, au titre de la repentance, jeter à la voirie les cendres de Napoléon ?" sera donnée par Claude Wanquet, professeur émérite de l’histoire moderne à l’université de La Réunion et président de l’AHIOI (Association Historique Internationale de l’océan Indien).

Les événements récemment survenus à Charlottesville ont jeté une lumière brutale sur les problèmes liés au thème de la repentance. À leur origine, il y eut le désir de militants abolitionnistes de jeter à bas la statue équestre de Robert Lee qui, en tant que général en chef de l’armée confédérée, avait été, à leurs yeux, le premier défenseur du maintien de l’esclavage et des horreurs qu’il sous-entend.

Dans un ordre d’esprit voisin, en France, d’autres militants anti- esclavagistes ont obtenu qu’on débaptisât certaines rues et réclament aujourd’hui qu’il en soit de même pour tous les établissements scolaires portant le nom de Colbert, tenu pour responsable du Code Noir.

Mais ne peut-on imaginer d’aller plus loin ? La loi Taubira ayant déclaré l’esclavage « crime contre l’humanité », ce qu’a très justement rappelé le Président Macron à propos des pratiques esclavagistes existant encore actuellement en Afrique, ne conviendrait-il pas, non seulement au nom de la loi mais aussi au nom de la simple logique, de jeter à la voirie les restes posthumes de celui qui, en 1802, puis dans les années suivantes, a rétabli ou tenté de rétablir dans les colonies françaises l’esclavage solennellement aboli sur tout le territoire français par la loi du 16 pluviôse an ll (4 février 1794), à savoir Napoléon Bonaparte ?

La conférence, avant de répondre à cette redoutable question, s’attachera à savoir pourquoi, comment et jusqu’où le Premier Consul, devenu ensuite l’Empereur, a mené cette politique qui a finalement instauré dans le monde français un régime de cloisonnement raciste tel qu’à aucun autre moment de l’histoire de ce monde, il n’y en eut de pareil.