Musique / Maloya

Cobalt family

Danyèl Waro & Ann O’aro

VEN 8 MAI 2020 - 21:00 - Le Kerveguen - St Pierre - Tarif : 6€/10€all


DANYEL WARO


Danyèl Waro est resté fidèle à la tradition acoustique du maloya et il en est le "héros" reconnu. Musicien et poète, il sait faire chanter le créole avec une émotion sans pareil. Grâce au maloya, il a prit du recul par rapport à la philosophie cartésienne, aux jugements trop conceptuels. Le maloya l’a remit en accord avec la Réunion, avec les gens, avec notre langue. Danyèl Waro a su, avec talent, permettre au maloya de retrouver son sens originel et porter un message de révolte, d’espoir et de courage, en faisant prendre conscience à de nombreux réunionnais de l’importance de leur patrimoine culturel. Danyel Waro cisèle ses mots avec le même soin, le même amour des choses bien faites, qu’il peaufine les instruments en les fabriquant. Perpétuel insoumis, Danyel Waro met en avant sa « batarsité », titre d’une de ses chansons emblématiques écrite en 1987. Ni blanc, ni noir, le réunionnais est « tortiyé kaf yab malbar » : si la recherche de son origine l’emmène dans une impasse, l’addition de tous ces mélanges fait sa force. Depuis « Aou Amwin » (Grand Prix de l’Académie Charles Cros), un double CD sorti en 2010, l’année de son « WOMEX Artist Award » (après Staff Benda Bilili, Andy Palacio, Toto la Monposina ou Nusrat Fateh Ali Khan), Danyel Waro n’avait plus remis les pieds en studio et « monmon », son album (avec un m minuscule car il ne s’agit pas seulement de sa mère, mais de toutes les « monmon ») enregistré en 2017, résonne de l’engagement et de toute la spiritualité de cet artiste hors pair.


ANN O’ARO


Ann O’aro aime tout ce qui touche au mouvement du corps, des rythmes et de la voix :

« Il s’agit du thème principal de mon disque : le corps dans tous ses états, entre violence et combats. Je viens des arts martiaux, avant de choisir le maloya pour chanter sur des sujets intimes et tabous. J’ai l’impression qu’il se dégage de mes chansons une énergie circulaire, comme lorsque tu te sers de la force de ton adversaire pour te défendre. J’avais la sensation de tourner, de circuler autour de ces états du corps pillé, déshumanisé. Le sentiment d’un moment figé, d’un état de choc, du cerveau qui n’enregistre plus rien. Tout, alors, se meut lentement. Par flashs. Je vois ces nuances dans mes textes : mots de folie qui dénoncent, d’autres qui se baladent dans les bas-fonds, d’autres qui respirent à la surface. ».

Son écriture sauvage s’imprègne des langages accidentés ou des tics langagiers : une fulmination poétique branchée sur les tabous insulaires de l’île de la Réunion et les émotions fortes, la violence sexuelle, l’inceste et la passion amoureuse. Et le chant d’Ann O’aro jaillit. Un chant qui plonge dans la réalité et n’a pas peur des ombres. Son premier enregistrement éponyme « Ann O’aro » sorti en septembre 2018 a reçu un Coup de Cœur de l’Académie Charles Cros.



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