Danse

De François Chaignaud

ДУМИ МОЇ – Dumy Moyi

Empruntant aussi bien à la flamboyance queer qu’au cérémonial sacré, François Chaignaud marche avec une maîtrise délicieuse sur un fil invisible tendu entre le beau et l’insolite. « Il ne danse pas, il fait danser le costume. » Cette phrase volée décrit subtilement la magistrale ambivalence de François Chaignaud et de Dumy Moyi (« Mes pensées », en ukrainien), solo intimiste et fou où cet enfant prodige et terrible à la fois de la danse française laisse libre cours à son excentricité.

Entouré d’un public restreint installé près de lui sur la scène et qu’il frôle par instants, voilà qu’il se déplace vêtu d’un extravagant appareil fait de plumes, de cheveux, d’aluminium, de fourrure, de feuillage et même d’une mâchoire de squale. Inspiré par une danse rituelle indienne du Malabar, le Theyyam, Chaignaud se nourrit ici de multiples apports culturels qu’il réarrange, qu’il rhabille et déshabille à sa guise pour se réinventer lui-même en grand-prêtre d’une religion qui n’existe pas.

Ou peut-être est-ce un oiseau rare qui se lance devant le spectateur dans une parade nuptiale ? Le doute est permis, voire même encouragé, dans cette extraordinaire performance où le chorégraphe explore toutes les possibilités et tous les mystères de son vêtement et de son personnage.


Texte de présentation : Téat