TONBÉ LÉVÉ

État des lieux d’une recherche en gestation par les étudiants de 4e année de l’ESA Réunion.

Avec Pauline Gillard, Kelly Goulas, Gloria Luzzy, Tahina Maresu

Et la participation des étudiants en séjour Erasmus aux quatre coins de l’Europe : Thomas Barouti, Brandon Gercara, Larissa Palaya, Nina Sanchez, Lucile Simiand, Aude Sirara, Vincent Ramaye, Auriane Robert et Prudence Tétu.

Sous la direction de Myriam Omar Awadi, artiste-enseignante à l’ESA Réunion.

Deuxième mouvement tonbé-lévé (1), quelques pas chaloupés les yeux fermés, un genou qui flanche, une chute évitée de justesse pour la beauté du geste, quelques tours sur soi-même pour faire trembler les points de vue. Se redresser ensuite et recommencer encore.

Ce mouvement en trois temps emprunté à notre blues traditionnel, oté maloya […] ma tonbé lévé, ma dans’ aou mèm (2), évoque quelque part, du moins à notre endroit, l’essence même de la pratique (autrement dit recherche) en école d’art.

Tonbé lévé, chercher, s’égarer, inventer avec l’ambition certaine de faire justement trembler les points de vue, de dériver vers des territoires inconnus, de réfléchir le monde, présager ses potentiels, et ses devenirs.

Depuis la première édition de ce projet d’exposition, certain·e·s étudiant·e·s ont d’ailleurs pris le large à la découverte de nouvelles contrées et d’autres terrains d’expérimentation : Athènes, Bruxelles, Liège, Norwich, Nottingham, Reykjavik, Valencia, des villes d’Europe d’où ils nous livreront un aperçu de leur travail, format carte postale (correspondance oblige) en évitant soigneusement les images d’Épinal.

D’autres ont choisi de poursuivre leurs explorations ici, en s’emparant du genre quasi-traditionnel, (et presque inévitable au regard de leur démarche respective) du portrait et de l’auto-portrait, envisagé tel un miroir réfléchissant notre histoire, des patrimoines jusque-là invisibles, une certaine vision de notre société…échos lointains aux Transitions de Samuel Fosso ?

Dans ce dernier mouvement, ces derniers pas de danse, Gloria, Kelly, Pauline et Tahina détournent soigneusement les images d’Épinal, fabriquent des réminiscences, invoquent des images fantômes et questionnent leurs survivances, captent nos identités plurielles et mouvantes, capturent un geste singulier, une mimique, une humeur, un corps dansant précisément, dessinent avec les mots, regardent avec les mains, elles font pleurer les photographies, vibrer les visages, et finissent bien par nous « tirer le portrait ».

Myriam Omar Awadi


  • Vernissage de l’exposition le samedi 28 avril à 19h au FRAC, Pavillon Martin, Stella, Piton Saint-leu
  • L’exposition se tiendra jusqu’au 6 mai