Danse

Kanyar

La compagnie Soul City s’est toujours pleinement investie dans son art et participe activement, de manière directe ou indirecte, à l’insertion sociale des jeunes et des adultes en valorisant leur savoir-faire.

Depuis deux ans, la compagnie concourt à la prévention de la délinquance en développant une pédagogie de réussite, avec, comme point de départ, la valorisation de l’estime de soi.

En plus des différentes actions menées sur le territoire, Soul City s’est engagée depuis 2014 à participer à l’insertion sociale de mineurs placés sous protection judiciaire ainsi que d’individus incarcérés à la prison du Port à La Réunion.

Le principal objectif de ces actions porte sur une réelle valeur éducative, susceptible de faire renaître désir et intérêt chez les personnes ciblées, souvent en rupture avec la société.

Ces rencontres ont inspiré Didier Boutiana pour la création d’un nouveau spectacle qu’il développe jusqu’en 2018, intitulé KANYAR.

Les actions qu’il a menées dans les établissements judiciaires l’ont fait appréhender ce phénomène social sous un autre regard. La délinquance ne lui étant pas inconnue, ce milieu le touche et l’a influencé de manière directe dans ses choix personnels. Côtoyer cet univers a, en partie, conditionné son évolution dans la société.

Lors des actions de sensibilisation à la prison du Port, la prise de contact avec les détenus a suscité la curiosité de Didier Boutiana quant au profil de personnes en milieu carcéral. Il souhaite comprendre, comprendre leur état d’esprit dans cet enfermement imposé par leurs actes passés. Ces actions socio-culturelles l’ont poussé vers la création d’un spectacle qui aura la forme d’un solo : la délinquance peut être perçue à travers un mouvement collectif mais elle est avant tout une incarnation personnelle et complètement individuelle.

Le chorégraphe porte un intérêt particulier à l’individu. Cet individu qui est face à lui-même, dans ses moments de réflexion, de satisfaction, de doutes, de certitudes, dans sa mémoire. La recherche artistique reposera sur le propre vécu de Didier Boutiana, tout comme sur des témoignages, des rencontres et de la documentation.

Le phénomène d’exclusion peut être un mouvement double : le groupe exclue un individu, ou l’individu prend par soi-même des distances avec le groupe. Ainsi, la marginalisation n’est pas l’exclusivité de la petite délinquance. C’est un phénomène que nous observons dans d’autres sphères, du grand banditisme aux hommes politiques, en passant par le crime économique et fiscal.

Dans la recherche chorégraphique, la première approche sera celle de la psychologie et celle du corps. La recherche d’une gestuelle propre fera appel aux histoires personnelles, aux singularités et à la complexité des personnes rencontrées.

Le solo sera développé lors de résidences dans des lieux partenaires à la Réunion et en Europe.