Musique

Nico & Les 109

Galerie Médias

"Aimer ce qu’on fait & faire ce qu’on aime". Avec une telle recette, peut-on faire carrière dans la musique actuelle ? Le monde médiatique exige tant qu’on soit formaté, qu’on entre dans un tiroir….

Qu’importe : Nico Paillet ne compose pas, n’écrit pas, ne joue pas pour devenir riche et célèbre (même s’il aimerait) mais parce qu’il aime ça. Voici pourquoi, après un morceau pop rock de sa composition, balancé plein baffles avec sa joyeuse bande des 109 (toujours neufs), il n’a pas peur de prendre son public à contre-pied avec un Stand by me de derrière les fagots, ni de réviser ses accords sur la musique très élaborée, quoi qu’en pensent les dévoreurs de samples, de Monsieur Brassens.

C’est un morceau des Beatles, You’ve got to hide your love away, qui l’a jeté en musique, à seize ans, alors que la guitare offerte par papa, musicien lui aussi, traînait dans la poussière depuis des années. Quelques tablatures paternelles, beaucoup d’immersion aussi chez les grands anciens (Creedence, Redding, Stones) et ces puissances montantes qu’étaient Dire Straits ou U2, et surtout beaucoup d’essais et d’erreurs, ont fait le reste. Travailler, écouter, trouver les recettes, en inventer d’autres, ne pas faire « comme le disque » : autant de principes peut- être un peu classiques, en nos temps où tout se recopie en boucle sur un clavier d’ordi, mais diablement formateurs.

Il a donc écrit, beaucoup, ce qui lui passait par la tête, refusant genres et tiroirs. Toulkou pétillait, 109 est plus rock, mais pas tout le temps. Et pour les textes, parfois du ludique, du romantique pur jus, à l’occasion du rebelle, écrits seul ou avec quelques plumes, dont l’écrivain Daniel Vaxelaire, qui s’essaie à jouer les Lanzmann.

Ce qui le touche avant tout chez les autres ? La sincérité. Encore une denrée rare. C’est pour cela que malgré sa belle gueule de chanteur de charme il ne s’est pas lancé dans les roucoulades, que malgré pas mal d’années passées dans la riante île de La Réunion, il ne s’est pas lancé dans le folklore local, qu’il bondit sur ce qui lui plaît, qu’aucun de ses concerts ne se ressemble, car il veut sentir son public et lui offrir ce qui fera, ce soir-là, son bonheur. Pour cela aussi qu’il travaille dur son Brassens, après avoir longtemps torturé ses cordes avec Hendrix.

Un compositeur, auteur, interprète sans étiquette ni mode, cela mérite d’être entendu. A condition que, tout préjugé aboli, on mérite de l’entendre

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Les 109

Un groupe de pop-rock bien connu de tous les noctambules réunionnais, emmené par Nicolas Paillet. +++