Théâtre

Salut de l’isolement

Notre peur de n’être

Après son très remarqué « Chagrin des Ogres », le jeune metteur en scène et plasticien belge Fabrice Murgia continue à explorer deux thèmes qui lui sont chers, la solitude et les nouvelles technologies. Inspiré, entre autres, par les écrits du philosophe Michel Serres, « Notre peur de n’être » porte un regard chargé d’espoir sur l’inévitable changement de monde qui s’amorce. Les clés du paradigme ?

Au Japon, on les appelle les Hikikomori. Ce sont de jeunes adultes coupés du monde, refusant tout contact avec la société et avec les humains. Usant de leur écran pour voir le monde et s’en tenir à distance, ils font le choix de s’isoler. On pourrait s’en inquiéter, y voir un phénomène dangereux – et c’est d’ailleurs souvent le cas, en particulier dans les médias. Fabrice Murgia 
prend le contre-pied : si, au contraire, cette attitude s’avérait être une réaction salutaire, face à une société qui norme, aliène et écrase ? Et si l’on voyait là émerger une forme de contre-culture, tête de pont d’une révolution déjà en marche, celle des nouvelles technologies ? Entre cette solitude volontaire et celle, subie, des autres protagonistes de la pièce, Fabrice Murgia trace des liens de plus en plus serrés, dans une mise en scène virtuose, usant magistralement de la vidéo pour faire osciller le spectacle entre réalisme et onirisme.